« 571 à 580 - Gould, Leglu, Jacob, Gruhier, Robinson, Daniel, Balzac, Kieffer | Page d'accueil | 591 à 600 - Citations:Levinas, Michnik, Lamartine, Debray, Blanchet, Cohen »
20.05.2007
581 à 590 - Citations : Morin, Werber, Burgess, Froissard, Burguiére
MORIN, WERBER, BURGESS, FROISSARD, BURGUIERE
581 - Il nous faut [...] abandonner l'idée que les races et les cultures séparent originellement les hommes et il faut reconnaître le cordon ombilical commun. Il faut savoir que l'ère planétaire met fin à la diaspora humaine, et qu'elle nous permet de retrouver et d'accomplir l'unité humaine, à travers justement la diversité des cultures.
Edgar MORIN (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mots clefs : culture, race, unité
582 - La conscience écologique [...] nous fait abandonner l'idée que notre environnement est fait d'éléments, de choses, d'espèces végétales et animales, manipulables et asservissables impunément par le génie humain. Elle nous révèle que l'ensemble des interactions entre les êtres vivants au sein d'un site géophysique constitue une organisation spontanée ayant des régulations propres, l'écosystème, et que les écosystèmes sont englobés dans une entité d'ensemble, auto-organisée et auto-régulée, qui forme la biosphère? Elle nous indique que la croissance industrielle, technique et urbaine incontrôlée tend non seulement à détruire toute vie dans des écosystèmes locaux, mais aussi et surtout à dégrader la biosphère et à menacer finalement la vie elle-même, y compris humaine, laquelle fait partie de la biosphère.
Edgar MORIN (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mot clef : écologie
583 - Nous ne sommes pas des êtres surnaturels, nous sommes des enfants de la Terre et des enfants de la vie. Nous nous en sommes différenciés jusqu'à nous en croire étrangers, mais nous ne pouvons ni ne devons nous en séparer, si nous voulons continuer l'aventure humaine.
Edgar MORIN (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mots clefs : humanité, vie
584 - Après Copernic, la Terre rétrogradée au troisième rang cosmique demeurait toutefois proche du centre de l'Univers, son Soleil. Aujourd'hui, le Soleil est un petit astre de banlieue, aux frontières d'une galaxie périphérique, dans un cosmos dépourvu de centre et où les galaxies s'éloignent vertigineusement les unes des autres. Notre Terre n'est plus qu'une minuscule planète perdue dans un gigantesque cosmos où grouillent par milliards étoiles et galaxies. C'est une petite planète tiédasse dans des espaces sans fin où règne un froid de glace, sauf en la fournaise des étoiles où règne un feu désintégrant. Le cosmos s'est, paraît-il, formé dans une déflagration initiale à partir de quoi il a commencé à la fois à se désintégrer et à s'organiser. Va-t-il vers la disparition? Vers la recontraction? D'où venons-nous? Où allons-nous? Y a-t-il quelque finalité dans l'univers? Sommes-nous seuls dans l'immensité des milliards d'années-lumière? Pourquoi sommes-nous devenus si étrangers dans ce cosmos dont nous sommes les enfants? Nous sommes aujourd'hui plongés dans ces incertitudes et condamnés à vivre avec ces énigmes.
Edgar MORIN (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mots clefs : humanité, univers
585 - La Terre ne nous appartient pas, c'est nous qui lui appartenons. Nous sommes apparemment devenus ses souverains. Nous sommes en réalité réciproquement souverains l'un de l'autre.
Il s'agit aujourd'hui de contrôler le développement incontrôlé de notre ère planétaire. La Terre-
patrie est en danger. Nous sommes en danger, et l'ennemi, nous pouvons enfin l'apprendre aujourd'hui, n'est autre que nous-mêmes.
Edgar MORIN (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mots clefs : humanité, terre
586 - Et si la Terre était un organisme vivant à part entière ? Un organisme qui sent, qui souffre, qui peut aussi manifester sa colère par des tremblements de Terre ou des éruptions volcaniques? L'eau serait son sang, l'air serait sa peau, et la masse des animaux, des végétaux, des rochers qui affleurent à sa surface serait son cœur. Vu sous cet angle, tout s'explique, tout communique, tout devient logique. L'écologie n'est pas un parti, mais un réflexe naturel d'intégration à "Gaïa".
Bernard WERBER (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mot clef : terre
587 - La culture aspire à l'"inutilité": "Tout art est inutile", disait Oscar Wilde. La culture est une question de valeurs et ces valeurs sont des entités spirituelles qui dépassent nos instincts animaliers.
Anthony BURGESS (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mots clefs : culture, valeurs
588 - Le regard mystique est le contraire du regard blasé que nous portons d'ordinaire sur le monde, le contraire du "nil mirari" du vieil Horace ; ce qu'il aperçoit est pour lui toujours nouveau ; quand il le verrait pour la millième fois, son étonnement serait toujours le même. Le regard mystique va à l'Être, et comment s'épuiserait-il? Pour lui tout ce qui est est admirable et l'existence des choses les plus humbles est un miracle qu'il ne se lasse pas de contempler.
André FROSSARD (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mot clef : mysticisme
589 - [...] quand l'être humain s'apercevra qu'il est menacé dans son essence même par la cuisine des apprentis sorciers, dans sa vie par les ravages de la pollution, sans parler de la pollution morale qui finira par lui faire peur, il éprouvera - peut-être- le besoin d'être sauvé, et cet instinct de salut le conduira -peut-être encore- à rechercher ailleurs que dans les discours inopérants de la politique ou les borborygmes d'une culture expirante la raison première de ce qu'il est, et il ne la trouvera que dans le rajeunissement intégral de son intelligence par la contemplation, le silence, l'attention la plus extrême et, pour tout dire en un mot, par la mystique, laquelle n'est pas autre chose que la connaissance expérimentale de Dieu, qui ne pense pas, mais qui Est- et qui voudrait bien que nous fussions aussi.
André FROSSARD (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mots clefs : contemplation, dieu, mysticisme, salut, silence
590 - Les urbanistes oublient souvent de prévoir la place perdue qui seule rend une ville vivable. De même, les organisateurs de la vie intellectuelle oublient à quel point le superflu est nécessaire, l'inutile est rentable: des rues animées, quelques bistrots. Qui dira l'importance du café dans l'histoire de la pensée française, du "Procope" des encyclopédistes aux "Deux Magots" de Sartre en passant par les bistrots de Montparnasse des surréalistes.
André BURGUIERE (Dossiers n°2 du Nouvel Obs.)
Mots clefs : bistrot, café, superflu, urbanisme
17:35 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


