« Citations-1051à1060- Tchekhov, Krylov | Page d'accueil | Citations-1071à1080-Bertin, Abecassis, Estrella, Louis, Abel, Jankelevitch, Céline, Sartre »
29.08.2007
Citations-1061à1070-Abel, Jankelevitch, Legendre, Baudrillard, Bertin
Quelques "résonances" sur le pardon et plus généralement l'Homme... avec Olivier ABEL, Vladimir JANKELEVITCH, Pierre LEGENDRE, Jean BAUDRILLARD et Jacques BERTIN.
A partir de cet envoi, chaque citation sera accompagnée, en principe, des références de l'ouvrage dont elle a été extraite, pour vous permettre éventuellement de vous reporter à sa source.
1061 – Mais dans certaines circonstances, l’idée du pardon a pu au contraire donner à quelqu’un le courage de réparer, et ce courage est peut-être une des choses qui nous manquent le plus, dans une société où l’on ne répare rien, où l’on rejette tout (et aussi les autres, quand ils ne sont plus utiles ou plaisants).
Olivier ABEL (Le pardon – Préface)
Editions Autrement – Série Morales – 1991 – p. 12
Mots clefs : pardon, réparation
1062 – Il est bien possible qu’un pardon pur de toute arrière-pensée n’ait jamais été accordé ici-bas, qu’une dose infinitésimale de rancune subsiste de fait dans la rémission de toute offense : tel cet impondérable calcul, tel ce motif microscopique d’intérêt propre qui subsistent en cachette dans les souterrains du désintéressement.
Vladimir JANKELEVITCH (Le pardon)
Editions Aubier – 1957 – page 1
Mots clefs : désintéressement, pardon, rancune
1063 – Car pardonner, c’est renoncer entièrement à avoir le dernier mot.
Olivier ABEL (Le pardon – Préface)
Editions Autrement – Série Morales – 1991 – p. 13
Mot clef : pardon
1064 – Peut-on croire jusqu’au bout que les hommes souffrent seulement pour leur méchanceté, ne sont-ils pas globalement plus malheureux encore que méchants ?
Olivier ABEL (Le pardon – Préface)
Editions Autrement – Série Morales – 1991 – p. 15
Mots clefs : malheur, méchanceté
1065 – Non, il n’y a pas de monstres. Dans les grandes tueries modernes organisées par le juridisme bureaucratique, ce ne sont pas des monstres qui agissent, mais des gens très ordinaires, qui feraient d’excellents épiciers, des professionnels méticuleux, capables de sourire à leurs propres enfants. La criminalité sue l’honnêteté.
Pierre LEGENDRE (Le pardon - L’impardonnable)
Editions Autrement – Série Morales – 1991 – p. 15
Mots clefs : bureaucratie, criminalité, guerre, honnêteté, monstre, tuerie
1066 – Transposant une formule très forte des canonistes médiévaux, je dirai que, dans la société où nous sommes, il ne s’agit pas tant de parler que d’éjaculer des mots, c’est à dire de tenir le discours de ce qui nous passe par la tête et dans n’importe quelles conditions d’adresse, de sorte que le discours hitlérien, par exemple, pourra devenir d’un jour à l’autre aussi respectable que tout autre, c’est à dire fondateur d’identifications « légitimes ».
Pierre LEGENDRE (Le pardon - L’impardonnable)
Editions Autrement – Série Morales – 1991
pages 27-28
Mots clefs : discours, parole
1067 – Mais ce que l’on ne comprend pas, c’est que ce sont les Africains qui nous méprisent ! Leur mépris pour la façon que nous avons de vivre et de mourir est bien plus grand que le nôtre à leur égard ! Du fond de leur dépossession, tous savent être en possession de valeurs que nous avons perdues ; notre monde occidental est complètement dévalorisé, invivable, et son objectif est de les coloniser à son image en les réduisant au degré zéro de la valeur.
Jean BAUDRILLARD (Le pardon – Paysage sublunaire et atonal)
Editions Autrement – Série Morales – 1991 – p. 38
Mots clefs : Africain, colonisation, mépris, valeur
1068 – L’impardonnable est une atteinte au plus fragile et au plus nécessaire qui soit : la représentation du principe de vie. Si l’on comprend cela, on saisit que la Loi humaine est la même pour tous, à travers de multiples versions culturelles de la représentation du principe de vie.
Pierre LEGENDRE (Le pardon - L’impardonnable)
Editions Autrement – Série Morales – 1991 – p. 32
Mots clefs : impardonnable, loi humaine, principe de vie, universalité
1069 – Lorsque je vois à la télévision un débile de notre classe politique, je ne lui pardonne pas d’être aussi débile, aussi lâche, et surtout de nous prendre pour des idiots, de raconter n’importe quoi, donc de nous prendre pour n’importe qui, et d’y croire lui-même. La seule chose impardonnable, comme le pensait Flaubert, c’est la bêtise. La bêtise est inacceptable.
Jean BAUDRILLARD (Le pardon – Paysage sublunaire et atonal)
Editions Autrement – Série Morales – 1991 – p. 39
Mots clefs : bêtise, Flaubert, homme politique
1070 – Allons, si les philosophes croyaient à ce qu’ils enseignent, il y a longtemps que le monde serait paisible comme un manuel de philosophie !
Jacques BERTIN (Le pardon – Depuis l’affaire du premier bonbon)
Editions Autrement – Série Morales – 1991 – p. 96
Mot clef : philosophe
17:50 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


