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31.08.2007
Citations-1081à1090- Abel, Pascal, Yourcenar
Après ABEL et PASCAL, rentrons dans le roman historique avec Margurite YOURCENAR et son HADRIEN.
1081 – N’est-ce pas pardonner, à soi, aux autres, à la vie, que de désirer un enfant ? Toucher par-là une inconscience, une innocence plus vierge et plus vivace que tout oubli.
Olivier ABEL (Le pardon – Postface)
Editions Autrement – Série Morales – 1991 – page 232
Mots clefs : enfant, pardon
1082 – Qui aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans se fâcher du mal contraire aurait trouvé le point.
Blaise PASCAL
Mots clefs : bien, mal
1083 – Manger un fruit, c’est faire entrer en soi un bel objet vivant, étranger, nourri et favorisé comme nous par la terre ; c’est consommer un sacrifice où nous nous préférons aux choses.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 291
Mot clef : nourriture
1084 – La tradition populaire ne s’y est pas trompée, qui a toujours vu dans l’amour une forme d’initiation, l’un des points de rencontre du secret et du sacré.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – p.295-296
Mot clef : amour
1085 – Comme tout le monde, je n’ai à mon service que trois moyens d’évaluer l’existence humaine : l’étude de soi, la plus difficile et la plus dangereuse, mais aussi la plus féconde des méthodes ; l’observation des hommes, qui s’arrangent le plus souvent pour nous cacher leurs secrets ou pour nous faire croire qu’ils en ont ; les livres, avec les erreurs particulières de perspective qui naissent entre leurs lignes.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 302
Mots clefs : connaissance de soi-même, existence, livres, observation
1086 – Mais [les livres] mentent, et même les plus sincères. Les moins habiles, faute de mots et de phrases où ils la pourraient enfermer, retiennent de la vie une image plate et pauvre ; tels, comme Lucain, l’alourdissent et l’encombrent d’une solennité qu’elle n’a pas. D’autres, au contraire, comme Pétrone, l’allègent, font d’elle une balle bondissante et creuse, facile à recevoir et à lancer dans un univers sans poids. Les poètes nous transportent dans un monde plus vaste ou plus beau, plus ardent ou plus doux que celui qui nous est donné, différent par là même, et en pratique presque inhabitable. Les philosophes font subir à la réalité, pour pouvoir l’étudier pure, à peu près les mêmes transformations que le feu ou le pilon font subir aux corps : rien d’un être ou d’un fait, tels que nous les avons connus, ne paraît subsister dans ces cristaux ou dans cette cendre. Les historiens nous proposent du passé des systèmes trop complets, des séries de causes et d’effets trop exacts et trop clairs pour avoir jamais été entièrement vrais ; ils réarrangent cette docile matière morte, et je sais que même à Plutarque échappera toujours Alexandre. Les conteurs, les auteurs de fables milésiennes, ne font guère, comme des bouchers, que d’appendre à l’étal de petits morceaux de viandes appréciés des mouches. Je m’accommoderais fort mal d’un monde sans livres, mais la réalité n’est pas là, parce qu’elle n’y tient pas tout entière.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – pages 302-303
Mots clefs : conteurs, historiens, livres, philosophes, poètes
1087 – […] l’esprit humain répugne à s’accepter des mains du hasard, à n’être que le produit passager de chances auxquelles aucun dieu ne préside, surtout pas lui-même. Une partie de chaque vie, et même de chaque vie fort peu digne de regard, se passe à rechercher les raisons d’être, les points de départ, les sources.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 306
Mots clefs : dieu, hasard, sens de la vie
1088 – La fiction a du bon : elle prouve que les décisions de l’esprit et de la volonté priment les circonstances.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 310
Mots clefs : esprit, fiction, volonté
1089 – Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la première fois un coup d’œil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été des livres.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 310
Mots clefs : livres, naissance
1090 – La grammaire, avec son mélange de règle logique et d’usage arbitraire, propose au jeune esprit un avant-goût de ce que lui offriront plus tard les sciences de la conduite humaine, le droit ou la morale, tous les systèmes où l’homme a codifié son expérience instinctive.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 311
Mot clef : grammaire
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