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01.09.2007

Citations-1091à1100- Yourcenar

Ne quittons pas Marguerite YOURCENAR et écoutons à nouveau son Hadrien.




1091 – […] presque tout ce que les hommes ont dit de mieux a été dit en grec.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 312
Mot clef : grec

1092 – Notre grande erreur est d’essayer d’obtenir de chacun en particulier les vertus qu’il n’a pas, et de négliger de cultiver celles qu’il possède.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 317
Mots clefs : éducation, vertus


1093 – César avait raison de préférer la première place dans un village à la seconde à Rome. Non par ambition, ou par vaine gloire, mais parce que l’homme placé en second n’a le choix qu’entre les dangers de l’obéissance, ceux de la révolte, et ceux, plus graves, du compromis.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 348
Mot clef : pouvoir

1094 – La plupart de nos lois pénales n’atteignent, heureusement peut-être, qu’une petite partie des coupables ; nos lois civiles ne seront jamais assez souples pour s’adapter à l’immense et fluide variété des faits. Elles changent moins vite que les mœurs ; dangereuses quand elles retardent sur celles-ci, elles le sont davantage quand elles se mêlent de les précéder.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 373
Mot clef : lois

1095 – Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l’esclavage : on en changera tout au plus le nom. Je suis capable d’imaginer des formes de servitudes pires que les nôtres, parce que plus insidieuses : soit qu’on réussisse à transformer les hommes en machines stupides et satisfaites, qui se croient libres alors qu’elles sont asservies, soit qu’on développe chez eux, à l’exclusion des loisirs et des plaisirs humains, un goût du travail aussi forcené que la passion de la guerre chez les races barbares. A cette servitude de l’esprit, ou de l’imagination humaine, je préfère encore cet esclavage de fait.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 375
Mots clefs : esclavage, philosophie

1096 – […] plus l’empire grandit, plus les différents aspects de l’autorité tendent à se concentrer dans les mains du fonctionnaire chef ; cet homme pressé doit nécessairement se décharger sur d’autres d’une partie de ses tâches ; son génie va consister de plus en plus à s’entourer d’un personnel sûr.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 380
Mot clef : délégation

1097 – Construire, c’est collaborer avec la terre : c’est mettre une marque humaine sur un paysage qui en sera modifié à jamais ; c’est contribuer aussi à ce lent changement qui est la vie des villes. Que de soins pour trouver l’emplacement exact d’un pont ou d’une fontaine, pour donner à une route de montagne cette courbe la plus économique qui est en même temps la plus pure…
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 384
Mots clefs : architecture, construction, urbanisme

1098 – […] chaque homme a éternellement à choisir, au cours de sa vie brève, entre l’espoir infatigable et la sage absence d’espérance, entre les délices du chaos et celles de la stabilité, entre le Titan et l’Olympien. A choisir entre eux, ou à réussir à les accorder, un jour l’un à l’autre.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 392
Mots clefs : désespoir, espoir

1099 – Tout bonheur est un chef d’œuvre : la moindre erreur le fausse, la moindre hésitation
l’altère, la moindre lourdeur le dépare, la moindre sottise l’abêtit.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 413
Mot clef : bonheur

1100 – Je passai tout un soir à discuter avec lui l’injonction qui consiste à aimer autrui comme soi-même ; elle est trop contraire à la nature humaine pour être sincèrement obéie par le vulgaire, qui n’aimera jamais que soi, et ne convient nullement au sage, qui ne s’aime pas particulièrement soi-même.
Marguerite YOURCENAR (Mémoires d’Hadrien)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – p. 457-458
Mots clefs : amour de soi-même, amour du prochain

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