« Citations-1111à1120- Waltari | Page d'accueil | Citations-1131à1140-Sunset, Berberova »

05.09.2007

Citations-1121à1130- Waltari, Sunset

Sigrid SUNSET succède à Mika WALTARI: un hommage aux romanciers "nordiques".
- 1126 et 1129 ne méritaient-elles pas d'être rapprochées?



1121 – Dans la mort tu fermes les yeux et tu ne les rouvriras plus, dans la mort ton cœur se tait et il ne gémira plus, dans la mort tes mains s’épuisent et ne brûlent plus d’agir, dans la mort tes pieds se figent et ils n’aspirent plus à la poussière des routes infinies.
Mika WALTARI (Sinouhé l’Egyptien – Tome 2)
Folio – Ed. O.Orban – 1984 – page 386
Mot clef : mort

1122 – Mais en vieillissant, j’ai compris qu’en dernière analyse tous les souverains sont les mêmes et que tous les peuples sont les mêmes, et que peu importe en somme qui gouverne et quel peuple en opprime un autre, car finalement ce sont toujours les pauvres qui supportent les souffrances.
Mika WALTARI (Sinouhé l’Egyptien – Tome 2)
Folio – Ed. O.Orban – 1984 – page 412
Mots clefs : pauvres, peuples, souffrances, souverain

1123 – Il est probable qu’aucun homme ne résiste à se sentir malade, si on lui affirme avec autorité et sans relâche qu’il ne se porte pas bien. Chacun éprouve en effet un secret besoin de se dorloter et de se laisser choyer, et les médecins l’ont su de tous temps et se sont enrichis.
Mika WALTARI (Sinouhé l’Egyptien – Tome 2)
Folio – Ed. O.Orban – 1984 – page 417
Mots clefs : malade, médecin

1124 – […] l’homme reste pareil et ne change pas. Les années fuient et les hommes naissent et meurent, et leur vie est comme un souffle chaud et ils ne sont pas heureux en vivant, il sont heureux seulement en mourant. C’est pourquoi rien n’est plus vain que la vie humaine. C’est en vain que tu plonges l’homme dans le courant du temps, son cœur ne change pas et il ressort du courant tel qu’il y est entré, par la peste et par les incendies, par les dieux et par les lances, car il ne fait que s’endurcir dans les épreuves, jusqu’à devenir plus méchant qu’un crocodile et c’est pourquoi seul un homme mort est un homme bon.
Mika WALTARI (Sinouhé l’Egyptien – Tome 2)
Folio – Ed. O.Orban – 1984 – page 445
Mots clefs : épreuve, mort, temps, vanité de la vie, vie

1125 – […] un homme ne peut vivre s’il ne se sent supérieur aux autres, et il n’est pas de misérable qui ne se vante meilleur qu’un autre. L’un se vante de l’habileté de ses doigts, l’autre de la largeur de ses épaules, le voleur est fier de sa ruse, le juge de sa sagesse, l’avare de son avarice, le prodigue de sa prodigalité, la femme de sa vertu, la fille de joie de sa nature généreuse. Et rien ne réjouit plus l’homme que de se savoir supérieur à autrui sur quelque point.
Mika WALTARI (Sinouhé l’Egyptien – Tome 2)
Folio – Ed. O.Orban – 1984 – page 450
Mots clefs : supériorité, vantardise

1126 – Car moi, Sinouhé, je suis un homme et comme tel j’ai vécu dans chaque homme qui a existé avant moi et je revivrai dans chaque homme qui viendra après moi. Je vivrai dans les rires et les pleurs de l’homme, dans ses chagrins et dans ses craintes, dans sa bonté et sa méchanceté, dans sa faiblesse et dans sa force. Comme homme, je vivrai éternellement dans l’homme et pour cette raison, je n’ai pas besoin d’offrande sur une tombe ni d’immortalité pour mon nom. Voilà ce qu’a écrit Sinouhé l’Egyptien, qui vécut solitaire tous les jours de sa vie.
Mika WALTARI (Sinouhé l’Egyptien – Tome 2)
Folio – Ed. O.Orban – 1984 – page 478
Mots clefs : homme, humanité, immortalité

1127 – […] pour la douleur d’un enfant qui pleure son père ou sa mère, il n’existe pas de consolation. Une mère peut conserver jusqu’à la fin de ses jours un amour vivant et inaltéré pour l’enfant qu’elle a perdu ; le cœur d’un amant peut vivre pendant toute une longue existence de souvenir de son aimée que la mort lui a ravie. Car l’amour d’une mère et l’amour d’un amant ont connu un commencement ; ils ont conquis une place dans notre vie ; ils ont rivalisé de forces avec d’autres sentiments… Mais l’amour d’un enfant pour ses parents a fait partie de son être, depuis toujours ; il l’a suivi tandis que l’enfant grandissait, sans jamais apporter à son esprit le bonheur de la nouveauté. Voilà pourquoi la douleur d’un enfant à la mort de son père ou de sa mère est lamentable et sans consolation : elle est une partie de la vie même de l’enfant qui lui est arrachée. Quand le temps aura cicatrisé la plaie ou qu’un nouvel amour remplira le vide de son cœur, ce ne sera pas la consolation, ce sera l’oubli.
Sigrid UNSET (Printemps)
Les Presses du Compagnonnage – Prix Nobel de littérature – 1971 – page 104
Mots clefs : amour des parents, consolation, deuil, douleur, mort, oubli

1128 – -Et je crois que l’on peut ce que l’on veut. Je ne crois pas qu’un mariage puisse être heureux sans que le mari et la femme, l’un comme l’autre, le veuillent et s’y efforcent, même s’ils s’aiment énormément…
- […] En cela tu as raison. L’amour ne durera dans le mariage que si l’on fait tout pour le conserver et le protéger. Certes, on peut tout ce qu’on veut, ou presque ; mais on ne peut pas vouloir aimer […].
Sigrid UNSET (Printemps)
Les Presses du Compagnonnage – Prix Nobel de littérature – 1971 – page 272
Mots clefs : amour, mariage, volonté

1129 – […] les actes de chaque individu qui meurt continuent à vivre… ils ne disparaissent jamais, quoiqu’il ne soit donné à personne de voir comment ils continuent, comment ils viennent se croiser avec les actes d’autres individus, se joindre à eux, se transformer, se confondre avec eux, sans cesser jamais d’agir.
Sigrid UNSET (Printemps)
Les Presses du Compagnonnage – Prix Nobel de littérature – 1971 – page 289
Mots clefs : actes, immortalité, mort

1130 – - […] il y a des gens qui s’interrogent eux-mêmes sur leur amour pendant si longtemps qu’ils finissent par croire qu’ils n’aiment plus. C’est comme ma belle-mère : si elle reste sans pouvoir dormir pendant une heure, elle ne cesse de penser à cette insomnie, et elle finit par s’imaginer qu’elle ne dort plus depuis trois mois. Et elle dort, en réalité, à poings fermés, presque toute la nuit.
Sigrid UNSET (Printemps)
Les Presses du Compagnonnage – Prix Nobel de littérature – 1971 – page 315
Mots clefs : amour, insomnie, sommeil

Ecrire un commentaire