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15.09.2007

Citations-1201à10210- Green

Julien GREEN, traitant de tout ou presque, pour alimenter vos réflexions! Bon courage...


1201 – En écoutant un Prélude [de Bach], je me disais que derrière toute œuvre humaine, si grande soit-elle, il y a un effort que l’art dissimule à peine. Ce qui paraît simple et facile est le fruit d’essais innombrables et l’aisance que donne le métier n’est acquise qu’au prix d’un labeur pénible.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 537
Mots clefs : art, Bach, effort, facilité, métier, simplicité, travail

1202 – Dans le haut du visage demeure l’homme spirituel ; dans le bas, l’homme charnel. Il ne faut pas que le bas du visage l’emporte sur le haut, il faut toujours garder et nourrir au fond de soi une petite partie du grand rêve universel, celui d’une perfection inaccessible.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 524
Mots clefs : chair, esprit, perfection, rêve, visage

1203 – Un des secrets du vrai talent est de tout voir « pour la première fois », de regarder une feuille comme si l’on n’en avait jamais vu, car c’est alors seulement qu’elle peut nous apparaître dans toute sa « nouveauté ». La faculté de s’étonner constitue le génie de l’enfance si rapidement émoussé par l’habitude et l’éducation […]. En art, la vérité est dans la surprise.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 555
Mots clefs : art, enfance, étonnement, habitude, observation, surprise

1204 – La mémoire de l’humanité est le bien de tous et sans doute n’existe-t-il pas d’individu qui n’ait ressenti à quelque seconde de son existence qu’une parcelle de cet héritage lui était donnée. Nous dépendons tellement les uns des autres que rien n’est en propre à aucun de nous, mais aussi toute joie nous est-elle commune, ainsi que toute douleur. Il n’est pas de route au monde où chacun de nous ne soit passé, pas un seul coin de terre où il n’ait espéré ou souffert. La terre entière est hantée par des générations de revenants. Devant ce paysage d’anéantissement, j’ai compris à quel point nous était nécessaire le silence pour écouter la voix de tous ceux qui sont venus avant nous. Prêtons l’oreille à ce grand murmure !
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 561-562
Mots clefs : humanité, mémoire, silence

1205 – Un des charmes de la musique est de réveiller en nous des souvenirs très anciens et dont beaucoup ne nous appartiennent pas en propre, mais sont le bien commun de l’humanité.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – pages 561-562
Mots clefs : humanité, musique, souvenir

1206 – […] c’est quand un homme est dépouillé de tous ses biens qu’on peut voir s’il lui reste quelque chose, si sa richesse était intérieure et par conséquent réelle, ou si elle consistait seulement dans la possession de quelques centaines de bouquins.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 567
Mots clefs : biens, dépouillement, livres, possession, richesse

1207 – Les livres, dernière ressource de l’exil. Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 580
Mots clefs : évasion, exil, livres

1208 – Dans la parole humaine, j’ai remarqué ceci de particulier, c’est que plus elle se multiplie dans ses efforts pour rendre clair ce qui est obscur, plus elle embrouille les choses et augmente le chaos, à moins que l’inspiration ne s’en mêle. La vraie parole, la parole des paroles, ne se perçoit qu’au cœur du silence, mais tout ce que j’en puis dire n’est que confusion.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 584
Mots clefs : clarté, inspiration, parole, silence.

1209 – Parler à un homme, c’est jeter un pont par dessus un abîme, mais de l’autre côté de l’abîme y a-t-il une route qui prolonge la ligne du pont ? Bien rare.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 589
Mots clefs : communication, parole

1210 – L’être humain est séparé du reste de l’humanité par une barrière qui presque jamais ne s’abat. C’est le drame de chacun de nous. Les mots nous trahissent honteusement. Nous voudrions parler, et personne n’est là pour nous entendre, quand même nous parlerions à vingt personnes tous les jours. Ce que nous pensons profondément est à peu près incommunicable. Parfois l’amour devine, mais c’est le privilège de l’amour et du seul amour.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 589
Mots clefs : amour, incommunicabilité, isolement, mots, parole

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