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19.09.2007
Citations-1221à1230-Green, Gide
Julien GREEN, comme promis, avec un petit détour par André GIDE.
1221 – Passé un certain âge, la vie est un escalier que l’on descend à reculons, à reculons parce qu’on ne veut pas voir.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 638
Mots clefs : vie, vieillesse
1222 – Dès que l’homme se figure qu’il se connaît, que rien n’échappe à l’analyse, il va vers les ténèbres. Garder toujours le sens du mystère.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 662
Mots clefs : analyse, connaissance de soi-même, mystère.
1223 – Dieu ne parle pas aux bavards.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 664
Mots clefs : bavard, Dieu
1224 – De même que chacun de nous est la cause de la guerre, de même chacun de nous a le pouvoir de la faire cesser. Dès qu’on essaie de trouver les véritables causes de la guerre ailleurs qu’au plus profond de nous-mêmes, on s’égare dans le chaos des raisonnements humains, car la guerre est avant tout un drame spirituel.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 671
Mots clefs : drame, guerre, paix
1225 – Pauvre humanité, comme elle aura souffert de la peur !… Une force instinctive la précipite vers ce qu’elle redoute, vers la mort qu’elle appelle, et qu’elle provoque, parce qu’elle veut en finir, semble-t-il, pareille à un homme qui se tue parce qu’il a peur de mourir. Elle refuse le bonheur avec violence, et cependant elle voudrait être heureuse. Elle ne veut pas vivre en paix, et cependant elle sait et elle affirme que le bonheur est dans la paix. On se demande si elle est faite pour ce bien qu’elle convoite et qui sans cesse lui échappe, si elle est faite pour le bonheur.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 675
Mots clefs : bonheur, guerre, humanité, mort, paix, peur
1226 – Si l’on pouvait se voir soi-même comme un personnage de roman, on obtiendrait de cette façon l’équivalent du « recul » qu’il faut pour bien saisir le pittoresque de notre vie quotidienne. On verrait par les yeux d’un romancier tout ce qui nous paraît tant soit peu monotone et incolore, et nous ferions peut-être quelque chose de passionnant de la banalité de tous les jours…
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 675
Mots clefs : personnage, quotidien, recul, roman
1227 – Un écrivain qu’on traduit est un écrivain en exil, en exil dans une langue étrangère.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 678
Mots clefs : écrivain, exil, langue, traduction
1228 - C’est au cœur du silence qu’habite Dieu. Là est sa demeure, non dans le vent, non dans le tremblement de terre, ni certes dans le bruit des paroles que nous faisons sans cesse, mais au plus profond de nous-mêmes, là où les voix du monde n’arrivent plus.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 696
Mots clefs : dieu, silence
1229 – Le nombre de bêtises qu’une personne intelligente peut dire dans une journée n’est pas
croyable. Et j’en dirais sans doute autant que les autres, si je ne me taisais plus souvent.
André GIDE (Journal) cité dans le « Nouvel Observateur ».
Mots clefs : bêtise, intelligence, silence
1230 – […] oublier, c’est s’alléger d’un poids, et le souvenir nous tire en arrière, nous empêche d’avancer.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 718
Mots clefs : oubli, souvenir
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