« 2007-08 | Page d'accueil | 2007-10 »
30.09.2007
Citations-1311à1320- Green
1311 – Nous mourons avec chacun de nos amis.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1277
Mots clefs : ami, mort
1312 – Ce mince petit livre qu’est l’Evangile rayonne dans notre barbarie, mais presque personne ne le prend au sérieux…
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1289
Mots clefs : barbarie, évangile
1313 – Toute religion s’édifie sur l’enfance, sur les intuitions foudroyantes de l’enfance, mais le monde veut nous ôter notre enfance, parce que le monde est diabolique.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1332
Mots clefs : enfance, intuition, religion
1314 – « L’érotisme est un abîme. » La très grande partie de l’humanité reste au bord de cet abîme, car il y a beaucoup à parier que l’aboutissement de l’érotisme, c’est le meurtre.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1366
Mots clefs : érotisme, meurtre
1315 – Le grand luxe, c’est l’espace. Pouvoir traverser une pièce d’un bout à l’autre sans avoir à contourner une table et des fauteuils.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1340
Mots clefs : architecture, espace, luxe, meuble
1316 – Un article sur les étoiles. C’est à donner le vertige. Elles sont je ne sais combien de millions qui foisonnent dans le ciel à une vitesse inimaginable. Et pendant que je lis cela, j’entends Anne qui me dit : « Demain, je vais coudre un galon à ton rideau jaune qui est un peu court. »
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1342
Mots clefs : étoiles, relativité, univers
1317 – Bach a des redites, mais on a toujours l’impression qu’elles sont différentes les unes des autres, même lorsqu’il ne change rien à sa phrase. Une phrase de Bach répétée vingt fois devient de plus en plus profonde.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1345
Mots clefs : Bach, musique
1318 – Le voile de mélancolie jeté sur les plus beaux jours. Tout est triste, puisque tout doit finir. La fin de la journée est une mort.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1348
Mots clefs : mélancolie, mort, soir, tristesse
1319 – Nous devons les essais en partie à la mauvaise mémoire de Montaigne et la perte du livre de Pascal à la trop bonne mémoire de l’auteur qui, portant son œuvre dans sa tête, croyait bien avoir le temps de l’écrire un jour.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1350
Mots clefs : mémoire, Montaigne, Pascal
1320 – L’âme d’une maison se forme peu à peu, avec les années et les souvenirs.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1320
Mot clef : maison
17:15 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.09.2007
Citations-1301à1310-Green, Schubert
Julien GREEN, source inépuisable, avec un détour par Franz SCHUBERT.
1301 – Quand je pense à toutes les personnes que je voudrais connaître et qui, elles aussi, seraient peut-être heureuses de me voir, je suis pris d’une grande tristesse. Entre eux et moi, pourquoi cette étrange barrière ?
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1236
Mots clefs : barrière, incommunicabilité
1302 – Sans l’instinct sexuel, pas d’œuvres, pas de grandes créations. Sans lui, le monde perdrait une part énorme de poésie.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1237
Mots clefs : art, création, instinct sexuel, poésie
1303 – […] les questions les plus intéressantes sont celles auxquelles il n’y a pas de réponse.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1240
Mots clefs : question, réponse
1304 – La jeunesse ne sent pas les limites de son intelligence et cela lui confère une espèce de supériorité.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 11241
Mots clefs : jeunesse, intelligence, supériorité
1305 – Je n’ai jamais entendu de musique gaie.
Franz SCHUBERT (cité par Julien Green)
Mot clef : musique
1306 – Les idées chrétiennes devenues folles, cette expression qu’on nous sert toujours à propos de la révolution en mettant l’accent sur chrétiennes alors qu’on devrait le mettre sur folles.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1252
Mots clefs : chrétien, folie, idée, révolution
1307 – Tout ce qui est acquis par la civilisation est sans cesse en danger. La liberté de l’individu est sans cesse remise en question par l’Etat. La justice humaine est une triste farce. Le seul progrès est individuel et spirituel.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1253
Mots clefs : civilisation, individu, justice, liberté, progrès
1308 – […] la culture, ce n’est pas tant de savoir et d’avoir retenu qu’une disposition à recevoir, c’est pouvoir reconnaître la beauté et goûter n’importe quel grand livre.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1259-1260
Mots clefs : beauté, culture, savoir
1309 – On peut raconter le vice, mais l’amour ne se décrit pas plus que la lumière.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1265
Mots clefs : amour, lumière, vice
1310 – Un chirurgien me disait : « A partir de quarante ans, l’homme entre en agonie. »
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1275
Mots clefs : agonie, maladie, vieillir
17:55 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.09.2007
Citations-1291à1300-Gide, Green, Le Clézio, Swift
A moi, oui... (voir note précédente) Alors voici à nouveau Julien GREEN, citant André GIDE, Jean-Marie Le CLEZIO ou Jonathan SWIFT.
1291 – Etre au monde est dangereux.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1177
Mots clefs : danger, existence, monde
1292 – S’il veut bien réfléchir un instant, qui n’a honte de sa vie ?
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1190
Mot clef : honte
1293 – J’ai toujours pensé que chez les vieillards il y avait une sorte de frivolité et qu’on n’était tout à fait sérieux qu’à vingt ans.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1195
Mots clefs : frivolité, jeunesse, sérieux, vieillesse
1294 – […] la vérité ne peut [pas] toujours se formuler avec des mots et […] en essayant de l’emprisonner dans notre langage, on l’appauvrit et on la vide de son contenu. L’idée que le langage humain peut tout dire est en effet une erreur énorme. La langue humaine est une infirme.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1199
Mots clefs : langage, mots, vérité
1295 – « La vieillesse est une chose horrible, dit [Gide]. – Y a-t-il au moins quelques compensations ? » demandé-je. Il se recueille un petit moment et comme pour donner un démenti à ce que j’ai pensé tout à l’heure, il murmure enfin ceci, que je trouve beau : « On a plus de mal à porter son verre à la bouche, mais on a moins soif. »
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1204
Mots clefs : Gide, vieillesse
1296 – […] pourquoi s’obstine-t-on à traduire la poésie anglaise ? Traduit-on de la musique ? Le son fait partie du sens, fait corps avec le sens.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1162
Mots clefs : anglais, musique, poésie, traduction
1297 – […] peut-on retrouver ce qu’on a laissé derrière soi en partant ?
Jean-Marie LE CLEZIO (Etoile errante)
Editions Gallimard – NRF – 1992 – page 95
Mot clef : passé
1298 – Rien ne ressemble plus à des vies ratées que certaines réussites.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1211
Mot clef : réussite
1299 – On devrait donner d’abord les romantiques à lire aux enfants et garder les classiques pour la fin, afin de ne pas les leur gâter. Les romantiques sont plus accessibles, et puis, si on les gâte, le mal est moins grand […].
Pierre BRISSON (cité par Julien Green)
Mots clefs : classique, enfants, enseignement, lecture, romantique
1300 – Il n’y a qu’à voir la tête de ceux à qui Dieu a accordé de l’argent pour savoir le cas qu’il fait des richesses.
Jonathan SWIFT (cité par Julien Green)
Mot clef : richesse
17:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.09.2007
Citations-1281à1290- Green
Julien GREN ne vous manquait-il pas?
1281 – […] l’Enfer est médiocre, l’Enfer c’est l’échec de l’amour.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1082
Mots clefs : amour, échec, enfer
1282 – Tout savoir ne m’intéresse plus. C’est un rêve de jeune homme. Ce qui me passionne aujourd’hui, c’est de comprendre, et je ne désire plus savoir que pour mieux comprendre. Du reste, le savoir en lui-même, que vaut-il ? Ce que savait Bayle nous paraît aujourd’hui contestable. Que d’erreurs dans le savoir d’Erasme ! Nos livres dans cinquante ans, feront sourire les écoliers.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1085
Mots clefs : Bayle, compréhension, Erasme, jeunesse, livres, relativité, savoir
1283 – Aujourd’hui, il me paraît évident qu’il y avait chez [Michel-Ange] la même horreur de l’instinct sexuel qu’on trouve chez Léonard. Peut-être redoutait-il cela même qui l’attirait. Son œuvre n’est pas celle d’un homme comblé, repu. Elle est en elle-même un des plus puissants actes sexuels que l’on ait jamais produits, mais il semblerait qu’elle le soit par un phénomène de compensation. Cet homme sombre, violent, timide, je l’imagine très facilement chaste. Aucun de ses contemporains, que nous sachions, n’a jamais établi d’une façon définitive qu’il ne le fût pas. J’ai longtemps cru le contraire, sans aucune preuve.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1094
Mots clefs : acte sexuel, art, chasteté, Michel-Ange, Vinci
1284 - … Quel sens peut avoir tout ceci ? Notre vie est un livre qui s’écrit tout seul et dont les thèmes principaux nous échappent quelquefois. Nous sommes des personnages de roman qui ne comprennent pas toujours bien ce que veut l’auteur.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1094
Mots clefs : livre, personnage, roman, sens de la vie
1285 – Le regard des races du nord est souvent aussi transparent que le ciel, et aussi vide.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1098
Mots clefs : nord, race, regard
1286 – […] l’Angleterre et la France sont les seuls pays à avoir une littérature : les autres n’ont que de grands écrivains.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1119
Mots clefs : Angleterre, écrivains, France, littérature
1287 – Puisque tout doit finir, il faut revenir à l’essentiel ; à l’irréductible. Les églises de Rome s’effacent dans une sorte de brume. Paris même s’évanouit comme un rêve. C’est là le fait de la menace qui pèse sur le monde. Ce qui demeure, c’est l’amour, qui est d’essence divine, même l’amour d’un être créé pour un être créé.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1137
Mots clefs : amour, essentiel, irréductible, Paris, Rome
1288 – Tous les malentendus de l’histoire viennent de ceci, que c’est toujours la thèse du vainqueur qui prévaut. Si l’Allemagne eût gagné la guerre de 40, la France et surtout l’Angleterre, sans parler des autres, feraient figure de grands coupables.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1141
Mots clefs : Allemagne, Angleterre, France, guerre, histoire, vainqueur
1289 – L’envie de quitter le monde est parfois si forte que je ne sais comment j’y résiste, mais je suis à peu près sûr que c’est la grande tentation qu’il faut écarter à tout prix.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1155
Mot clef : suicide
1290 – L’Histoire n’est pas souvent morale ; le plus grand bien s’obtient quelquefois par les moyens les plus suspects. Nous n’avons pas fini d’en voir des exemples.
Julien GREEN (Journal – Le miroir intérieur)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1162
Mots clefs : histoire, moralité, moyens
17:03 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.09.2007
Citations-1271à1280-Baudelaire, Buffon, Flaubert, Green, Montaigne, Whitman
Julien GREEN, encore et toujours, avec un zeste de Charles BAUDELAIRE, de Walt WHITMAN, de Michel de MONTAIGNE, de BUFFON ou de Gustave FLAUBERT.
1271 – On entend parler du corps et de l’âme, comme si le corps était le contenant et l’âme le contenu, comme si les deux pouvaient à plaisir se séparer, se distinguer, alors que le plus souvent ils se mêlent, un peu comme, dans la boue, se confondent l’eau et la terre. Entre les deux, nulle frontière sensible, nulle frontière en tout cas qui ne soit violée à chaque minute, comme si elle n’était pas. On atteint l’âme par le corps et le corps par l’âme, c’est tout le drame de la condition humaine et qui fait de nous des êtres si profondément mystérieux. « Oh, corps, tu es l’âme ! » s’écriait Whitman.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1025
Mots clefs : âme, corps, dualité, Whitman
1272 – Dans Baudelaire, d’excellents conseils sur le travail journalier : « L’inspiration est décidément la sœur du travail journalier. » Ecrire seulement quand on en a envie est le meilleur moyen de ne jamais faire son œuvre, de passer à côté de son œuvre. Il y a en effet des coupures de contact qui sont irréparables.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1028
Mots clefs : Baudelaire, écrit, inspiration, travail
1273 – La religion doit être ramenée à quelque chose de très simple, à l’Eucharistie et à l’Ecriture. S’en tenir à ce qui est de foi, ni plus, ni moins.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1038
Mots clefs : Bible, eucharistie, foi, religion
1274 – La chasteté est le cauchemar du corps. L’âme, elle, est sûre de sa vocation, mais la vocation du corps c’est l’amour physique. C’est par là qu’il s’exprime, qu’il accomplit son rôle ; il ne pense que cela, il ne pense qu’à cela. Que voulez-vous qu’il entende aux préoccupations de l’âme ? Son mariage forcé avec elle est un mystère.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1045
Mots clefs : âme, amour physique, chasteté, corps, dualité, mystère, vocation
1275 – Les hommes les plus sincères ne peuvent dire que des moitiés de vérité.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1047
Mots clefs : sincérité, vérité
1276 – « L’affirmation et l’opiniâtreté sont signes exprès de bêtise », écrit Montaigne, et je le
croirais, mais j’aurais aimé que sa phrase fût un peu moins … affirmative.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1051
Mots clefs : affirmation, bêtise, Montaigne, opiniâtreté
1277 – Les livres obscènes sont immoraux parce qu’ils ne sont pas vrais.
Gustave FLAUBERT (cité par J.Green)
Mots clefs : immoralité, livre, obscénité
1278 – « La plupart des hommes meurent de chagrin », écrit Buffon. Mais le cœur d’un homme ne se brise pas d’un seul coup ; il lui faut vingt, trente ans pour cela.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1053
Mots clefs : Buffon, chagrin, cœur, mort
1279 – Le sentiment du néant est une des épreuves les plus singulières et les plus pénibles de la vie intérieure.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1054
Mots clefs : épreuve, néant, vie intérieure
1280 – Tant qu’il y a en nous une protestation contre nous-mêmes, tout espoir est permis. C’est quand on s’accepte et qu’on renonce que la partie est compromise. Autrement dit (si je voulais faire une boutade) tant qu’on est inquiet, on peut être tranquille !
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1075
Mots clefs : acceptation de soi-même, espoir, protestation, renoncement
17:35 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.09.2007
Citations-1261à1270-Green, Voltaire
Julien GREEN citant VOLTAIRE! C'est presque incongru...
1261 – Trouvé dans le « Hawthorne » de Henry James ceci qui m’a paru très juste : le Français, selon lui, juge un homme en une minute. L’Anglais est un peu plus lent. L’Américain, lorsqu’il a à porter un jugement sur quelqu’un, « tient la balance d’une main incertaine et avec la conscience troublée ».
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 991
Mots clefs : Américain, Anglais, Français, James (Henry), jugement
1262 – Dès le lendemain de ma mort, tout ce que je possède, livres, meubles, tableaux, sera distribué à d’autres. Possession tout à fait illusoire. Ce sentiment de n’avoir rien à soi (sinon le chapelet qu’on emportera peut-être dans son cercueil), de ne se servir que de choses prêtées pour un peu de temps, comment cela ne nous sépare-t-il pas du monde ! Quel mystère que le cœur d’un riche !
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 992
Mots clefs : objets, possession, richesse
1263 – Hier, Hélène Vialatte me raconte l’histoire suivante qui m’a frappé. Il y a quelques années, elle se trouvait en montagne avec un groupe de jeunes gens et faisait avec eux l’ascension de je ne sais plus quel pic de la Chartreuse. Tous tenaient la corde, car il y avait un passage difficile, au-dessus d’un gouffre de quatre à cinq cents mètres, mais il suffisait de fixer les yeux sur le rocher dont on faisait le tour et d’avancer en plaçant avec beaucoup de soin un pied devant l’autre. Tout à coup, un garçon de dix-huit ans s’est écrié : « Je lâche ! » Et il est tombé en silence dans le gouffre. Hélène me dit qu’au moment où il a lâché la corde, elle a senti une vibration dans sa main. Tous ont fait demi-tour. Le corps a été retrouvé en bouillie. Le rocher, c’est le Christ (« car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Christ », dit Saint-Paul). Cette corde que l’Eglise nous met entre les mains, il faut la tenir fortement, humblement, sans regarder dans le gouffre, autrement on lâche la corde. On ne la lâche pas toujours d’un coup, on met parfois vingt-cinq ans à la lâcher, mais qu’est-ce que vingt-cinq ans au regard de Dieu ? Et l’on n’avance, je note ceci, qu’en mettant un pied devant l’autre, lentement.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 994
Mots clefs : Christ, Saint-Paul
1264 – Il faut avouer que dans les arts de génie, tout est l’ouvrage de l’instinct. Corneille fit la scène d’Horace et de Curiace comme un oiseau fait son nid, à cela près qu’un oiseau fait toujours très bien et qu’il n’en est pas de même de nous autres chétifs.
VOLTAIRE (cité par J.Green)
Mots clefs : Corneille, génie, instinct, perfection
1265 – Le christianisme sans la croix n’est qu’une rêverie de philosophe, mais personne ne veut de la croix.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1019
Mots clefs : christianisme, philosophie
1266 – Nous ne sommes jamais, nous devenons sans cesse.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1020
Mots clefs : être, évolution
1267 – Il n’y a que dans les pays du nord que la caresse de la lumière soit douce et qu’elle excite la joie.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1021
Mots clefs : joie, lumière, nord
1268 – L’art est aux Italiens cultivés ce que la littérature est aux Français.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – pages 1021-1022
Mots clefs : art, Français, Italiens, littérature
1269 – Le rire d’un Anglais fait songer tantôt aux gloussements affreux d’un homme qui se noie et qui suffoque, tantôt aux aboiements de l’otarie à l’heure du repas. Il a ceci de particulier qu’il explose tout à coup et s’arrête de même avec une soudaineté qui fait tressaillir. Ce n’est pas le
long roulement de tambour qui diminue et meurt pour renaître, tel qu’en font entendre les autres races, c’est une sorte de cri sans gaieté, rude et subit.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1022
Mots clefs : Anglais, rire
1270 – « A quoi sert la beauté ? » [...] Pourquoi est-elle donnée à celui-là et non à un autre ? Elle ferait presque croire au hasard.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1024
Mots clefs : beauté, hasard
18:25 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.09.2007
Citations-1251à1260- Bergson, Green
Beaucoup de Julien GREEN, un peu d'Henri BERGSON.
1251 – De désillusion en désillusion, on finit par devenir plus intelligent.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 922
Mots clefs : désillusion, intelligence
1252 – Il n’y a pas une idée philosophique si profonde et si subtile soit-elle, qui ne puisse et ne doive s’exprimer dans la langue de tout le monde.
Henri BERGSON (cité par J.Green)
Mots clefs : idée, langue, philosophie
1253 – Le jour où un homme se rend compte qu’il ne pourra jamais tout savoir est un jour de deuil (comme le jour où il comprend tout à coup que la mort le concerne aussi bien que le reste de l’humanité). Puis vient le jour où le soupçon l’effleure qu’il ne pourra même pas savoir beaucoup de choses, et enfin l’après-midi automnal où il lui apparaît qu’il n’a jamais bien su ce peu qu’il croyait savoir.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 926
Mots clefs : mort, savoir
1254 – [...] il y avait un grand enfant en Shakespeare, il y avait en lui l’humanité entière.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 935
Mots clefs : enfant, humanité, Shakespeare
1255 – Le monde n’est pas vrai. Que d’efforts pour montrer autour de soi le décor d’une vie agréable ! Ces meubles, ces tableaux, ces livres que nous n’aurons même pas le temps de lire tous, alors que l’au-delà est près de nous qui flamboie et que le grand brasier de la charité divine nous attend.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 937
Mots clefs : au-delà, décor, livre, objets, vérité
1256 – Tuer le désir n’est pas possible. On peut le tromper, l’endormir, le chloroformer avec des prières – c’est tout.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 939
Mot clef : désir
1257 – [...] les questions les plus graves ne sont que des questions d’enfant.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 947
Mots clefs : enfant, questions
1258 – L’homme charnel vit avec l’homme spirituel. L’un essaie de trancher la gorge à l’autre. Renoncer au plaisir, c’est jeter l’homme charnel au cachot, mais il n’en continue pas moins de vivre, ligoté, bâillonné aussi fortement qu’on voudra ; il est là pourtant, et, ce qui est curieux, il change, suit une évolution toute personnelle. Ce qu’il désire aujourd’hui n’est plus ce qu’il désirait à vingt ans, ni à trente ans, ni même à quarante.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 957
Mots clefs : chair, changement, désir, dualité, esprit, évolution
1259 – Savoir parler à un enfant est le don rarissime entre tous. Ce qu’on fait quelquefois pour leur bien est tout simplement atroce. On ne leur enfoncerait pas un couteau dans la jambe ou le bras, mais on leur poignarde l’âme avec d’autant plus de zèle que cette espèce d’assassinat se commet au nom de la vertu.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 974
Mots clefs : éducation, enfant, parole, vertu
1260 – On finit toujours par avoir ce que l’on veut, on l’a un peu tard, le plus souvent trop tard et quand on n’en veut presque plus, mais on l’a.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 986
Mots clefs : désir, volonté
18:20 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.09.2007
Citations-1241à1250- Bossuet, Eliot, Green,Péguy
Julien GREEN, lui-même, ou citant Jacques Bénigne BOSSUET, Thomas Stearns ELIOT et PEGUY.
1241 – Le plus grand dérèglement de l’esprit […], c’est de croire les choses parce que l’on veut qu’elles soient…
BOSSUET (cité par J.Green)
Mots clefs : esprit, partialité
1242 – Pensé à ce que la peinture dit à chacun de nous. Elle est le témoin de la beauté du monde, elle élève une grande et véhémente protestation contre l’habitude qui peu à peu efface devant nos yeux la beauté de la vie quotidienne. C’est la fontaine de Jouvence où se plonge notre imagination.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 758
Mots clefs : beauté, harmonie, imagination, peinture
1243 – Ce qui nuit au bonheur de quelques-uns, c’est que dans le monde tel qu’ils le connaissent, il y a un livre qui s’appelle l’Evangile. Un livre qui ne tient pas grand-place, et libre à chacun de nous de ne pas seulement l’ouvrir, mais il n’en reste pas moins vrai que ce livre est là, et la présence de ce mince volume est cause que plusieurs ne sont pas aussi tranquilles qu’ils le souhaiteraient. Ils seraient plus heureux s’il n’y avait pas ces quelque cent pages qui peuvent bien les empêcher de dormir en les dérangeant au plus profond d’eux-mêmes.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 763
Mots clefs : bible, bonheur, évangile, remords
1244 – “Where is the wisdom we lost in knowledge ? Where is the knowledge we lost in information?” (Où est la sagesse que nous avons perdue par le savoir? Où est le savoir que nous avons perdu par l’information ?)
T.S. ELIOT (The rock – cité par J.Green)
Mots clefs : information, sagesse, savoir
1245 – Le mot de Péguy est juste : « Tout est joué à douze ans .» L’homme de quarante ans ne fait que broder des variations sur le thème fixé dès la petite enfance. Les dessins qu’on gribouille en cachette, à dix ans, trouvent leur accomplissement vingt ans, trente ans plus tard.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 770
Mots clefs : adulte, dessin, enfance, Péguy
1246 – Notre justice humaine est d’une telle ineptie que ce n’est presque jamais le coupable qui est puni.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 820
Mots clefs : coupable, justice
1247 – La nature n’aime que la jeunesse. C’est bien peu dire ; elle est amoureuse de la jeunesse : elle la choie et lui prodigue, pêle-mêle, tous les dons (sauf les dons intérieurs qui ne lui appartiennent pas), mais à la première ride, elle devient impitoyable et reprend, peu à peu, tout ce qu’elle a donné.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 848
Mots clefs : don, jeunesse, nature, vieillesse
1248 – J’entends dire quelquefois : « Il suffit de vouloir. » Mais on dit cela sans bien réfléchir, car à partir du moment où l’on se met à vouloir, le problème est résolu, quel qu’il soit. Aussi la vraie difficulté n’est-elle pas de vouloir, mais de vouloir vouloir. Tant il est vrai qu’il y a une volonté qui précède la volonté et la met en branle.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 863-864
Mot clef : volonté
1249 – J’aurais voulu pouvoir dire quelque chose qui valût la peine d’être dit (et écouté aussi), mais non : comme toujours dans les circonstances analogues, pas un mot n’est sorti de ma bouche. Et puis, les autres, tous les autres, prennent à parler un plaisir si vif que j’aurais scrupule à les en priver. J’aime mieux me taire. Il y a dans le monde assez de gens qui donnent de la voix pour que l’un d’entre nous se taise sans dommage...
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 893
Mots clefs : conversation, mutisme, voix
1250 – [...] il faut, de temps en temps, quitter la cellule intérieure que nous nous faisons, nous quitter nous-mêmes et nous regarder un peu du dehors, pour mieux nous voir et nous juger.
Julien GREEN (Journal – Le Revenant)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – pages 895-896
Mots clefs : jugement, recul, regard (sur soi-même)
18:10 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
19.09.2007
Citations-1231à1240- Green
Julien GREEN (encore) pour évoquer le bonheur, la lecture et l'écriture, et bien sûr la foi!
1231 – [l’humanité] m’en a imposé fort longtemps avec ses discours, ses lois, ses livres, mais je commence à la voir sous son vrai jour, qui est triste, car c’est une vieille folle dont les crises de férocité alternent avec des sourires. Elle se croit auguste et vénérable ; elle oublie ce goût du sang qu’elle a toujours eu et cet immense appétit du malheur. Qu’on ne me dise pas qu’elle cherche le bonheur ; il est trop apparent qu’elle aime le grabuge.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 722
Mots clefs : bonheur, humanité, malheur, sang
1232 – Il faut demander à chaque lecture, à chaque plaisir, à chaque faute, à chaque souffrance de nous rendre plus intelligent. La vie a infiniment plus à nous donner que nous n’osons prendre.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 722
Mots clefs : faute, intelligence, lecture, plaisir, souffrance.
1233 – La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l’écrivain.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 722
Mots clefs : écrivain, mot, pensée
1234 – […] une grande partie de la littérature universelle n’est sans doute qu’une littérature de compensation. Un homme perpétuellement assouvi écrirait-il ?
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 723
Mots clefs : compensation, écrit, littérature
1235 – Nous avons trop le désir de savoir pour savoir et non celui de savoir pour devenir meilleurs. Si tous nos livres ne nous apprennent pas à aimer le prochain, que nous apprennent-ils de solide ?
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 729
Mots clefs : améliorer (s’), amour du prochain, livre, savoir
1236 – Le blanc est une couleur (si c’en est une) dont les romanciers se servent mal ; ils sont plus habiles avec le noir, qui est, d’après Tintoret, la plus belle des couleurs (si c’en est une).
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 732
Mots clefs : blanc, couleur, noir, romancier, Tintoret
1237 – Nous allons à tâtons sans savoir ce que nous sommes ni ce que nous faisons, sans savoir ce qui se passe en nous, parce que le monde nous a crevé les yeux. L’argent, la volupté, l’ambition, la réussite tuent en nous le sentiment du mystère qui nous entoure depuis notre naissance jusqu’à notre mort…
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 737
Mots clefs : ambition, argent, mystère, réussite, vie (sens de la -), volupté
1238 – Langage humain. Ce sont ses imperfections qui m’intriguent ; il suffit, pour se rendre compte de son insuffisance, de comparer la rapidité et la netteté de nos pensées à la lourdeur et à la lenteur des mots que nous employons pour les traduire. La langue et la plume sont toujours en retard sur l’esprit.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 739
Mots clefs : esprit, langage, mots, plume, pensée
1239 – Garder la foi jusqu’au bout, comme on peut, comme une bougie allumée qu’on défendrait du vent en l’entourant de son manteau, c’est tout ce qu’on peut espérer, mais on ne réussit pas à oublier qu’à seize ans, on voulait tout simplement devenir un saint ; on était alors dans le vrai : il n’y a d’honorable que cette ambition-là.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 746
Mots clefs : adolescence, ambition, foi, sainteté
1240 – A quoi bon se lamenter ? Le progrès de l’humanité se traduit à l’heure actuelle par le perfectionnement de nos moyens de destruction.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 750
Mots clefs : armes, destruction, progrès
17:05 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Citations-1221à1230-Green, Gide
Julien GREEN, comme promis, avec un petit détour par André GIDE.
1221 – Passé un certain âge, la vie est un escalier que l’on descend à reculons, à reculons parce qu’on ne veut pas voir.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 638
Mots clefs : vie, vieillesse
1222 – Dès que l’homme se figure qu’il se connaît, que rien n’échappe à l’analyse, il va vers les ténèbres. Garder toujours le sens du mystère.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 662
Mots clefs : analyse, connaissance de soi-même, mystère.
1223 – Dieu ne parle pas aux bavards.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 664
Mots clefs : bavard, Dieu
1224 – De même que chacun de nous est la cause de la guerre, de même chacun de nous a le pouvoir de la faire cesser. Dès qu’on essaie de trouver les véritables causes de la guerre ailleurs qu’au plus profond de nous-mêmes, on s’égare dans le chaos des raisonnements humains, car la guerre est avant tout un drame spirituel.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 671
Mots clefs : drame, guerre, paix
1225 – Pauvre humanité, comme elle aura souffert de la peur !… Une force instinctive la précipite vers ce qu’elle redoute, vers la mort qu’elle appelle, et qu’elle provoque, parce qu’elle veut en finir, semble-t-il, pareille à un homme qui se tue parce qu’il a peur de mourir. Elle refuse le bonheur avec violence, et cependant elle voudrait être heureuse. Elle ne veut pas vivre en paix, et cependant elle sait et elle affirme que le bonheur est dans la paix. On se demande si elle est faite pour ce bien qu’elle convoite et qui sans cesse lui échappe, si elle est faite pour le bonheur.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 675
Mots clefs : bonheur, guerre, humanité, mort, paix, peur
1226 – Si l’on pouvait se voir soi-même comme un personnage de roman, on obtiendrait de cette façon l’équivalent du « recul » qu’il faut pour bien saisir le pittoresque de notre vie quotidienne. On verrait par les yeux d’un romancier tout ce qui nous paraît tant soit peu monotone et incolore, et nous ferions peut-être quelque chose de passionnant de la banalité de tous les jours…
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 675
Mots clefs : personnage, quotidien, recul, roman
1227 – Un écrivain qu’on traduit est un écrivain en exil, en exil dans une langue étrangère.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 678
Mots clefs : écrivain, exil, langue, traduction
1228 - C’est au cœur du silence qu’habite Dieu. Là est sa demeure, non dans le vent, non dans le tremblement de terre, ni certes dans le bruit des paroles que nous faisons sans cesse, mais au plus profond de nous-mêmes, là où les voix du monde n’arrivent plus.
Julien GREEN (Journal – Devant la porte sombre)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 696
Mots clefs : dieu, silence
1229 – Le nombre de bêtises qu’une personne intelligente peut dire dans une journée n’est pas
croyable. Et j’en dirais sans doute autant que les autres, si je ne me taisais plus souvent.
André GIDE (Journal) cité dans le « Nouvel Observateur ».
Mots clefs : bêtise, intelligence, silence
1230 – […] oublier, c’est s’alléger d’un poids, et le souvenir nous tire en arrière, nous empêche d’avancer.
Julien GREEN (Journal – L’œil de l’ouragan)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 718
Mots clefs : oubli, souvenir
08:04 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


