« Citations-1321à1330-Green | Page d'accueil | Citations-1341à1350- Green »
06.10.2007
Citations-1331à1340- Green
1331 – Visite d’un jeune israélite qui est en train de faire une traduction des Psaumes. Il me lit en français le Psaume I. Je lui dis que la grande difficulté est que la langue française n’et pas une langue hospitalière mais au contraire xénophobe en ce qui concerne les traductions, exception faite pour le groupe des langues romanes. Elle est admirablement apte à exprimer des idées, alors que l’hébreu est surtout une langue concrète.
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – pages 1388-1389
Mots clefs : français, hébreu, idée, traduction
1332 – Ce que j’ai contre la vie de plaisir, c’est qu’elle tue dans l’homme la faculté d’aimer. Elle lui donne un cœur d’eunuque.
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1391
Mots clefs : amour, eunuque, plaisir
1333 – L’amour n’est pas nécessairement lié au désir ; il le dépasse sans cesse […]
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1391
Mots clefs : amour, désir
1334 – « Comme ça fait du bien d’admirer ! » écrit Flaubert à Tourguéniev en mai 1873. Mais que d’hommes sont trop petits pour pouvoir admirer ! Cela demande une disposition du cœur, un grand désintéressement et par-dessus tout de la jeunesse, une capacité d’enthousiasme assez rare passé la trentaine.
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1395
Mots clefs : admiration, cœur, désintéressement, enthousiasme, Flaubert, jeunesse, Tourgueniev
1335 – A quelqu’un qui me demandait s’il devait répondre à une attaque assez basse dans un journal hebdomadaire, j’ai conseillé de se taire. Le silence est une arme admirable et dont le maniement est du reste fort délicat. Il faut savoir contre qui on l’emploie et quel sens il peut prendre dans l’esprit de celui à qui on répond de cette manière. Il y a le silence indigné, ou blessé, ou dédaigneux, méprisant, amusé , ironique, ou plein de reproches douloureux, ou pathétique, goguenard, jovial, taquin, furieux, vengeur, etc… Mais il finit toujours par être interprété comme il faut, à moins que ce ne soit le silence mystérieux qui veut laisser l’adversaire dans le doute, et celui-là est exaspérant […]
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1399-1400
Mots clefs : attaque, réponse, silence
1336 – La mémoire a ses caves et ses greniers, et même ses oubliettes d’où l’on arrive à tirer ceci ou cela, après des années d’efforts.
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1408
Mot clef : mémoire
1337 – La fin de chaque journée est presque toujours d’une gravité particulière, parce que chaque journée est une petite vie qui finit. On se couche comme on meurt.
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1414
Mots clefs : journée, soir, mort
1338 – Dans la vie, je l’ai remarqué bien des fois, le tragique s’installe dans le comique et les circonstances les plus tristes n’excluent jamais, pour qui sait la voir, une certaine part de drôlerie.
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1415
Mots clefs : comique, tragique
1339 – La cruauté humaine est à peu près sans bornes, parce que c’est de ce côté-là, semble-t-il, que notre imagination est la plus forte, quand le démon lui lâche la bride. Au-delà de l’érotisme, mais dans la même direction, il y a l’enfer de la cruauté, et plus on va loin dans l’érotisme, plus on approche de cet enfer. C’est pour cela que l’excès dans le domaine sexuel finit par provoquer l’effroi, le crime étant l’aboutissement naturel de l’érotisme.
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1416
Mots clefs : crime, cruauté, enfer, érotisme, imagination
1340 – Conçus dans une sorte de délire, comment n’en porterions-nous pas la marque ? Comment ne serions-nous pas que des créatures de désordre ?
Julien GREEN (Journal – Le bel aujourd’hui)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – tome IV – page 1419
Mots clefs : conception, délire, désordre
14:15 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


