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11.10.2007
Citations-1391à1400- Spinoza, Philipe
La sagesse d'un philosophe - Baruch SPINOZA - peut rejoindre la sensiblilté et la douleur d'un femme - Anne PHILIPE.
1391 – L’homme fort ne hait ni n’envie personne, ne s’irrite ni ne s’indigne contre personne, ne méprise personne, et ne manifeste pas le moindre orgueil.
Baruch SPINOZA (L’éthique)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 552
Mots clefs : envie, force de l’âme, haine, mépris, orgueil
1392 – [...] un homme à l’âme forte considère avant tout que toutes choses suivent de la nécessité de la nature divine, et que, par suite, tout ce qu’il pense être insupportable et mauvais, tout ce qui lui paraît immoral, horrible, injuste et honteux, vient de ce qu’il conçoit les choses elles-mêmes de façon trouble, mutilée et confuse. Et pour cette raison, il s’efforce avant tout de concevoir les choses telles qu’elles sont en elles-mêmes et d’écarter les obstacles à la connaissance vraie [...].
Baruch SPINOZA (L’éthique)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – pages 552-553
Mots clefs : connaissance, force de l’âme, jugement, objectivité
1393 – Un sentiment est mauvais ou nuisible dans la seule mesure où il empêche l’esprit de pouvoir penser.
Baruch SPINOZA (L’éthique)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 571
Mots clefs : pensée, sentiment
1394 – [...] dans la mesure où nous comprenons les causes de la tristesse, elle cesse d’être une passion, c’est à dire qu’elle cesse d’être tristesse [...].
Baruch SPINOZA (L’éthique)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 577
Mots clefs : passion, tristesse
1395 – Ainsi voit-on combien le Sage est supérieur, combien plus puissant que l’ignorant qui est poussé par ses seuls penchants. Car l’ignorant, outre qu’il est poussé de mille façons par les causes extérieures et ne possède jamais la vraie satisfaction de l’âme, vit en outre presque inconscient de lui-même, de Dieu et des choses, et sitôt qu’il cesse de pâtir, il cesse aussi d’être. Au contraire, le sage,-considéré comme tel,- dont l’âme s’émeut à peine, mais qui, par une certaine nécessité éternelle, est conscient de lui-même, de Dieu et des choses, ne cesse jamais d’être, mais possède toujours la vraie satisfaction de l’âme. Si, il est vrai, la voie que je viens d’indiquer paraît très ardue, on peut cependant la trouver. Et cela certes doit être ardu, qui se trouve si rarement. Car comment serait-il possible, si le salut était là, à notre portée et qu’on pût le trouver sans grande peine, qu’il fût négligé par presque tous ? Mais tout ce qui est très précieux est aussi difficile que rare.
Baruch SPINOZA (L’éthique)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1988 – page 389
Mots clefs : connaissance, ignorance, sagesse
1396 – La mort ? Un rendez-vous à la fois inéluctable et éternellement manqué puisque sa présence signifie notre absence. Elle s’installe à l’instant où nous cessons d’être. C’est elle ou c’est nous.
Anne PHILIPE (Le temps d’un soupir)
Le livre de poche – 1970 – page 11
Mot clef : mort
1397 – L’un de nous dit : « Nous essaierons d’être élégants si un jour nous sommes malheureux ». L’autre dit : « Je te le promets ».
Anne PHILIPE (Le temps d’un soupir)
Le livre de poche – 1970 – pages 34-35
Mots clefs : dandysme, élégance, malheur
1398 – C’est souvent en contemplant le ciel la nuit, que j’ai mesuré le plus intensément et aussi le plus raisonnablement, ma joie ou ma peine, pris le mieux conscience du monde, de la place que nous y tenons, de la solitude, de la perfection de l’amour, « ... fidèle comme le soleil au jour, comme la tourterelle à son mâle, comme le fer à l’aimant, comme la terre à son centre », disait Troïlus à Cressida.
Anne PHILIPE (Le temps d’un soupir)
Le livre de poche – 1970 – pages 49-50
Mots clefs : amour, ciel
1399 – Plus nous irons loin dans le monde de la connaissance, plus nous nous apercevrons que le mystère demeure.
Anne PHILIPE (Le temps d’un soupir)
Le livre de poche – 1970 – page 53
Mots clefs : connaissance, mystère
1400 – Notre vie entière, qu’était-elle dans le cours du monde ? A peine le temps d’un soupir. Et c’était la somme de toutes ces existences mises bout à bout depuis l’ancêtre des cavernes qui avait fait l’histoire de l’humanité. Tu allais mourir, je mourrais un peu plus tard. Nous aurions été un chaînon.
Anne PHILIPE (Le temps d’un soupir)
Le livre de poche – 1970 – page 70
Mots clefs : humanité, mort, vie
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