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19.10.2007
Citations-1411à1420- Montesquieu, Markale, Steiner, Ricoeur, Schnitzer
Promenez-vous à travers ces citations de MONTESQUIEU,Jean MARKALE, George STEINER, Paul RICOEUR ou Luda SCHNITZER, mais aussi Gustave FLAUBERT, KIERKEGAARD, MALEBRANCHE ou Hannah ARENDT. Bon parcours.
1411 – Si je savais quelque chose qui me fût utile, et qui fût préjudiciable à ma famille, je le rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime.
MONTESQUIEU (cité par J.Markale dans « Mémoires d’un celte »)
Mots clefs : dévouement, Europe, famille, humanité, patrie, préjudice
1412 – Le fait de partager la nourriture avec d’autres est un acte d’amour, car alors s’opère une indéniable fusion des corps et des cœurs, alors s’opère la transcendance, le rituel magique qui unit et qui transforme. C’était le sens de l’eucharistie dans le rituel catholique [...].
Jean MARKALE (Mémoires d’un celte)
Albin Michel – 1992
Mots clefs : amour, eucharistie, nourriture, partage, repas
1413 – [...] Sartre, par exemple, a eu tort de dire que Madame Bovary n’était faite que de signes tracés par la plume sur une page. Flaubert était bien plus lucide. Il est mort en hurlant : «Je meurs comme un chien, et cette pute d’Emma vivra toujours». Il avait évidemment raison : Emma est toujours vivante.
George STEINER (interview dans « Le Monde »- 8-9-1992)
Mots clefs : Bovary, écrivain, Flaubert, héros de roman, roman, Sartre
1414 – Avec les livres, il se passe exactement la même chose qu’avec les êtres humains : on les rencontre de manière différente suivant l’état dans lequel on se trouve, et c’est en fonction de ces circonstances multiples qu’ils deviennent enrichissants ou dangereux, intéressants ou maléfiques.
George STEINER (interview dans « Le Monde »- 8-9-1992)
Mots clefs : lecture, livre, rencontre
1415 – Comme le dit Kierkegaard, « Il faut laisser ouverte les blessures de la possibilité », pouvoir encore se laisser surprendre par un poème, une toile, une mélodie dont on ne soupçonnait pas qu’ils fussent possibles et qui, parfois, modifient radicalement votre vie même.
George STEINER (interview dans « Le Monde »- 8-9-1992)
Mots clefs : imprévisible, Kierkegaard, musique, peinture, poésie
1416 – Cet envahissement permanent de musiques agressives, ce bombardement incessant de sons, de rythmes, d’images risque d’avoir, à terme, sur le cerveau, des conséquences que nous ignorons encore. Nos cerveaux ne risquent-ils pas d’être comme pulvérisés par l’inattention ? La formule de Malebranche que Heidegger aimait tant citer – « L’attention, c’est la piété naturelle de l’esprit » - risque un jour prochain de ne plus rien signifier pour personne.
George STEINER (interview dans « Le Monde »- 8-9-1992)
Mots clefs : attention, bruit, cerveau, Heidegger, images, inattention, Malebranche
1417 – Au sein de cette démocratie du bruit, ne pourrions-nous pas tenter de retrouver le temps et le silence intérieurs ? [...] Au lieu de dépenser des milliards pour les universités, on se mettrait à quelques-uns autour d’une table, pour lire, écouter ou regarder ensemble. Une page, ou quelques notes, ou un seul tableau. Pas des milliers de reproductions, ni des expositions qu’on traverse au galop mais une seule oeuvre, le temps qu’il faut ?
George STEINER (interview dans « Le Monde »- 8-9-1992)
Mots clefs : bruit, concentration, enseignement, exposition, silence, université
1418 – [...] les grandes créations ont eu une relation très directe avec l’existence ou l’inexistence de Dieu. Si nous entrons dans une époque ou l’on ne comprend même plus le sens de cette question, où toute transcendance est évacuée avec force, y aura-t-il encore des oeuvres de la même dimension ? Auront-elles la même portée et la même ambition ? J’en doute, je l’avoue.
George STEINER (interview dans « Le Monde »- 8-9-1992)
Mots clefs : création, Dieu, oeuvre, transcendance
1419 – La Cité est fondamentalement périssable. Sa survie dépend de nous, comme l’a souligné Hannah Arendt. En effet, aucun système institutionnel ne se prolonge sans être soutenu par une volonté de vivre ensemble qui est en acte chaque jour, même si on l’oublie.
Paul RICOEUR (interview dans « Le Monde »- 29-10-1991)
Mots clefs : Arendt, cité, communauté, institution, ville, volonté
1420 – En partant des mêmes observations, les hommes arrivent aux mêmes vérités – et parfois aux mêmes erreurs. Sans exagérer l’importance de ce fond commun, il est tout de même permis d’y voir l’indice d’une fraternité qui, par-dessus les inégalités réelles ou imaginaires, fait de l’homme un tout.
Luda SCHNITZER (Des sœurs, des frères : Fraternité, inégalité)
Editions Autrement – Série mutations – 1990 – page 62
Mots clefs : fraternité, humanité, observation, vérité
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