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19.10.2007

Citations-1421à1430- Van Gogh, Gotman, Hesse

Introduction par Vincent VAN GOGH et Anne GOTMAN pour entrer dans l'univers d'Hermann HESSE.




1421 – L’amour entre frères est un soutien puissant dans la vie. Vérité de tous temps reconnue. Cherchons donc, écoutons cette voix. Que l’expérience de la vie nous aide à fortifier le lien qui nous unit.
Vincent VAN GOGH (Lettres à Théo dans « Des sœurs, des frères »)
Editions Autrement – série mutations – 1990 – page 101
Mots clefs : amour fraternel, frères

1422 – L’amour peut-il se répartir uniment ? Tout frère et sœur ne se croit-il pas jusqu’à un certain point l’enfant unique de ses parents ?
Anne GOTMAN (Des sœurs, des frères : L’impossible partage)
Editions Autrement – série mutations – 1990 – page 98
Mots clefs : amour (des parents), frère, sœur, parents

1423 – Ah qu’il est donc difficile de retrouver cette trace divine au milieu de la vie que nous menons, de cette vie si satisfaite, si bourgeoise, si dénuée d’esprit en face de ces bâtisses architecturales, de ces affaires, de cette politique, de ces hommes !
Hermann HESSE (Le loup des steppes)
Le livre de poche – 1991 – page 35
Mot clef : dieu

1424 – La solitude est l’indépendance. Je l’avais souhaitée et acquise au cours de longues années. Elle était froide, oh ! oui, mais elle était calme, merveilleusement calme et immense comme l’espace silencieux et glacé où tournent les astres.
Hermann HESSE (Le loup des steppes)
Le livre de poche – 1991 – pages 43-44
Mots clefs : indépendance, solitude

1425 – Chacun [...], dans quelque recoin de son âme, sait très bien que le suicide n’est qu’une sortie de secours piteuse et illégitime, et qu’il est plus beau et plus noble de se laisser vaincre et abattre par la vie elle-même que par sa propre main.
Hermann HESSE (Le loup des steppes)
Le livre de poche – 1991 – page XI
Mot clef : suicide

1426 – L’homme a la possibilité de s’abandonner absolument à l’esprit, à la tentative de pénétration du divin, à l’idéal de la sainteté. Il a également la possibilité inverse de s’abandonner entièrement à la vie de l’instinct, aux convoitises de ses sens, et de concentrer tout son désir sur le gain de la jouissance immédiate. La première voie mène à la sainteté, au martyre de l’esprit, à l’absorption en Dieu. La seconde mène à la débauche, au martyre des sens, à l’absorption en la putrescence. Le bourgeois, lui, cherche à garder le milieu modéré entre ces deux extrêmes. Jamais il ne s’absorbera, ne s’abandonnera ni à la luxure ni à l’ascétisme ; jamais il ne sera un martyr, jamais il ne consentira à son abolition : son idéal, tout opposé, est la conservation du moi ; il n’aspire ni à la sainteté ni à son contraire, il ne supporte pas l’absolu, il veut bien servir Dieu, mais aussi le plaisir ; il tient à être vertueux mais en même temps à avoir ses aises. Bref, il cherche à s’installer entre les extrêmes, dans la zone agréable et tempérée, sans orages ni tempêtes violentes, et il y réussit, mais aux dépens de cette intensité de vie et de sentiment que donne une existence orientée vers l’extrême et l’absolu. On ne peut vivre intensément qu’aux dépens du moi.
Hermann HESSE (Le loup des steppes)
Le livre de poche – 1991 – pages XIV-XV
Mots clefs : absolu, ascétisme, bourgeoisie, débauche, dieu, esprit, instinct, luxure, moi, sainteté, sens

1427 – Le bourgeois, de par sa nature, est un être doué d’une faible vitalité, craintif, effrayé de tout abandon, facile à gouverner. C’est pourquoi, à la place de la puissance, il a mis la majorité ; à la place de la force, la loi ; à la place de la responsabilité, le droit de vote.
Hermann HESSE (Le loup des steppes)
Le livre de poche – 1991 – page XV
Mots clefs : bourgeoisie, démocratie, loi, puissance, vote

1428 – Vivre au monde comme si ce n’était pas le monde, estimer la loi et pourtant rester au-dessus d’elle, posséder « comme si l’on ne possédait pas », renoncer comme si l’on ne renonçait pas, toutes ces exigences courantes et si souvent formulées de la science de vivre, seul l’humour est en état de les réaliser.
Hermann HESSE (Le loup des steppes)
Le livre de poche – 1991 – page XVIII
Mot clef : humour

1429 – Quand, dans les âmes humaines douées d’une organisation délicate, éclôt la prescience de leur multiplicité, quand elles brisent, comme tous les génies, l’illusion de l’unité individuelle et se sentent une multitude, un faisceau de moi disparates, elles n’ont qu’à l’exprimer pour que la majorité les enferme, appelle au secours la science, constate la schizophrénie et protège l’humanité contre l’appel à la vérité sortant de la bouche de ces malheureux.
Hermann HESSE (Le loup des steppes)
Le livre de poche – 1991 – page XXII
Mots clefs : génie, schizophrénie, unité de la personne, vérité

1430 – En réalité, aucun moi, même le plus naïf, n’est une unité, mais un monde extrêmement divers, un petit ciel constellé d’astres, un chaos de formes, d’états, de degrés, d’hérédités et de possibilités.
Hermann HESSE (Le loup des steppes)
Le livre de poche – 1991 – page XXIII
Mot clef : unité de la personne

Commentaires

Bien des vérités dans ces citations.Bonne journée

Ecrit par : heraime | 19.10.2007

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