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26.10.2007

Citations-1491à1500- Giono, Proust

Jean GIONO débouchant sur Marcel PROUST... : contraste!



1491 – Si, quand tu seras un homme, tu connais ces deux choses : la poésie et la science d’éteindre les plaies, alors, tu seras un homme.
Jean GIONO (Jean le Bleu)
Editions Rombaldi – 1970 – page 173
Mots clefs : guérir, homme, plaie, poésie

1492 – La grande malédiction du ciel pour nous ça a été de nous faire des cœurs à un seul exemplaire. Un pour chacun. Une fois partagés en deux, il te faut trouver ta moitié exacte. Sans quoi tu resteras seul toute ta vie. Et c’est ça le tragique. Tu ne t’imagines pas le nombre de ceux qui ont le cœur mal complété.
Jean GIONO (Jean le Bleu)
Editions Rombaldi – 1970 – page 179
Mots clefs : amour, cœur, solitude

1493 – [...] ça n’est pas difficile de vivre seul, fiston. Le difficile, c’est de souffrir seul. C’est pourquoi il y en a tant qui cherchent Dieu. Quand on l’a trouvé, on n’est plus seul, plus jamais seul. Seulement, écoute bien, on ne le trouve pas, on l’invente.
Jean GIONO (Jean le Bleu)
Editions Rombaldi – 1970 – pages 183-184
Mots clefs : dieu, solitude, souffrance

1494 – [...] la réalité, même si elle est nécessaire, n’est pas complètement prévisible ; ceux qui apprennent sur la vie d’un autre quelque détail exact en tirent aussitôt des conséquences qui ne le sont pas et voient dans le fait nouvellement découvert l’explication de choses qui précisément n’ont aucun rapport avec lui.
Marcel PROUST (Sodome et Gomorrhe – « La prisonnière »)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1983 – pages 9-10
Mot clef : réalité

1495 – [...] le bien-être résultant pour nous beaucoup moins de notre bonne santé que de l’excédent inemployé de nos forces, nous pouvons y atteindre, tout aussi bien qu’en augmentant celles-ci, en restreignant notre activité.
Marcel PROUST (Sodome et Gomorrhe – « La prisonnière »)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1983 – page 26
Mots clefs : activité, bien-être, forces, santé

1496 – Les choses dont on parle le plus souvent en plaisantant sont généralement, au contraire, celles qui nous ennuient, mais dont on ne veut pas avoir l’air d’être ennuyé, avec peut-être l’espoir inavoué de cet avantage supplémentaire que justement la personne avec qui on cause, vous entendant plaisanter de cela, croira que cela n’est pas vrai.
Marcel PROUST (Sodome et Gomorrhe – « La prisonnière »)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1983 – page 31
Mots clefs : ennuis, plaisanterie

1497 – Car la possession de ce qu’on aime est une joie plus grande encore que l’amour. Bien souvent ceux qui cachent à tous cette possession ne le font que par la peur que l’objet chéri ne leur soit enlevé. Et leur bonheur, par cette prudence de se taire, en est diminué.
Marcel PROUST (Sodome et Gomorrhe – « La prisonnière »)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1983 – page 51
Mots clefs : amour, joie, possession

1498 – Quand nous avons dépassé un certain âge, l’âme de l’enfant que nous fûmes et l’âme des morts dont nous sommes sortis viennent nous jeter à poignée leurs richesses et leurs mauvais sorts, demandant à coopérer aux nouveaux sentiments que nous éprouvons et dans lesquels, effaçant leur ancienne effigie, nous les refondons en une création originale.
Marcel PROUST (Sodome et Gomorrhe – « La prisonnière »)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1983 – page 79
Mots clefs : âme, ancêtres, enfant, sentiment, souvenir, vieillesse

1499 – Et, au reste, comment a-t-on le courage de souhaiter vivre, comment peut-on faire un mouvement pour se préserver de la mort, dans un monde où l’amour n’est provoqué que par le mensonge et consiste seulement dans le besoin de voir nos souffrances apaisées par l’être qui nous a fait souffrir ?
Marcel PROUST (Sodome et Gomorrhe – « La prisonnière »)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1983 – pages 94-95
Mots clefs : amour, mensonge, souffrance

1500 – Car, ainsi qu’au début il est formé par le désir, l’amour n’est entretenu plus tard que par l’anxiété douloureuse. [...] L’amour, dans l’anxiété douloureuse comme dans le désir heureux, est l’exigence d’un tout. Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste à conquérir. On n’aime que ce qu’on ne possède pas tout entier.
Marcel PROUST (Sodome et Gomorrhe – « La prisonnière »)
Editions Gallimard – La Pléiade – 1983 – page 106
Mots clefs : amour, anxiété, désir, exigence

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