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28.12.2007
Citations-1801à1810- Bott, Guérin, Camus, Paz, Reynaert, Drillon
Une navigation à travers les livres ou la presse qui nous amène de François BOTT à Jacques DRILLON, en passant par jean-Yves GUERIN, Albert CAMUS, Octavio PAZ et François REYNAERT.
1801 – La naissance nous a arrachés à une longue navigation et la mort nous la fait reprendre.
François BOTT (Gina)
Editions Flammarion – 1994
Mots clefs : mort, naissance, navigation
1802 – L’homme de gauche, souvent, hésite à faire face aux faits qui fracassent ses convictions.
Jean-Yves GUERIN (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : conviction, gauche
1803 – Ce qui frappe le plus, dans le monde où nous vivons, c’est d’abord, et en général, que la plupart des hommes (sauf les croyants de toutes espèces) sont privés d’avenir. Il n’y a pas de vie valable sans projection sur l’avenir, sans promesse de mûrissement et de progrès. Vivre contre un mur, c’est la vie des chiens. Eh bien ! les hommes de ma génération et de celle qui entre aujourd’hui dans les ateliers et les facultés ont vécu et vivent de plus en plus comme des chiens.
Albert CAMUS (Siècle de la peur - Paru dans « Combat » - novembre 1946)
Mots clefs : avenir, chien, progrès
1804 – Les promesses faites à soi-même sont les plus importantes et les plus graves. Surtout si elles ne sont pas tenues.
Octavio PAZ (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mot clef : promesse
1805 – [...] l’idée de l’autre et de l’amour est le fondement même de notre civilisation. Si l’idée de la personne disparaît, notre civilisation disparaît. Dans ce siècle, nous avons par deux fois fait face à une terrible menace contre la personne humaine, avec le nazisme et le communisme. Aujourd’hui, nous devons affronter une nouvelle menace, qui n’est plus politique mais tout aussi profonde : c’est la science même et la conception totalement biologique de l’esprit. Ce sont des menaces contre la personne humaine mais aussi, par conséquent, contre l’amour et notre civilisation.
Octavio PAZ (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : amour, autre, civilisation, communion, esprit, nazisme, personne humaine, science
1806 – L’une des finalités de l’érotisme est de dompter le sexe. Il protège la société contre les assauts de la sexualité brute.
Octavio PAZ (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : érotisme, sexualité
1807 – L’érotisme est pour moi avant tout une cérémonie de l’imagination. Dans une société purement animale, il n’y a pas érotisme puisqu’il n’y a ni cérémonie, ni imagination. C’est un retour à l’innocence originelle. Les animaux ont des périodes de chaleur, les hommes pas. C’est pour cela qu’on a inventé l’érotisme. C’est, si l’on veut, une « chaleur » ritualisée. Aujourd’hui, la vision marchande de l’érotisme, à travers la pornographie, est une mutilation de l’imagination.
Octavio PAZ (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : cérémonie, érotisme, imagination, pornographie, rite
1808 – [...] l’amour unique est une exigence sans laquelle l’amour n’est pas l’amour. Sinon, nous avons affaire à un vagabondage, à une dispersion amoureuse, agréable certes, mais pas essentielle. Dans l’amour, il y a toujours cette notion de sacrifice. Dans l’érotisme, on peut changer à l’infini de partenaires. Mais dans l’amour, puisque l’objet devient sujet et le sujet volontairement objet de l’autre, alors la réciprocité est exigée. Et la réciprocité exige l’amour unique. Cette dialectique de l’amour unique est liée à celle de la liberté/soumission. Je te choisis parce que tu m’attires, mais aussi pour quelque chose que je ne sais pas. Et ce « quelque chose » - appelez-le comme vous voudrez : âme, esprit... – est inséparable du corps. L’amour est toujours désir de complétude, de fusion avec l’autre.
Octavio PAZ (cité dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : âme, amour, corps, esprit, érotisme, sacrifice
1809 – La vie du roi [Louis II de Bavière] est consternante, et sa légende est si belle.
François REYNAERT (dans le Nouvel Observateur daté du 16 juin 1994)
Mots clefs : histoire, légende, Louis II de Bavière
1810 – Tout le monde sait qu’il faut se méfier de ceux qui n’aiment pas Mozart ; mais que penser de ceux qui, bien au-delà du terme fixé à leur passion, ont continué d’aimer Wagner ?
Jacques DRILLON (dans le Nouvel Observateur daté du 16 juin 1994)
Mots clefs : Mozart, musique, Wagner
18:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
J'ai déjà eu ici l'occasion d'apprécier ce que dit Octavio Paz et j'approuve encore complètement : c'est beau, simple et essentiel.
Bonne fête de fin d'année Gilles. Monique
Ecrit par : monique | 28.12.2007


