« 2007-11 | Page d'accueil | 2008-01 »
29.12.2007
Citations-1811à1820- Etchegoyen, Diet, Cottier, Prigent, Vigny
Quelques "Résonances" avec Alain ETCHEGOYEN, Emmanuel DIET, Georges COTTIER et Yves PRIGENT, Avant d'entrer dans l'univers d'Alfred de VIGNY.
1811 – La morale ne peut être qu’un appel. Elle fait appel à notre générosité car la responsabilité est étroitement liée à la générosité. Répondre de nos actes, c’est nous préoccuper de tout ce que nous engendrons dans ce monde, de causes et d’effets, prochains et lointains : de produits pour les uns, de services, de décisions, d’ordonnances, d’informations pour les autres. Nous avons à répondre de toute notre progéniture.
Alain ETCHEGOYEN (cité dans « Grandes Lignes » daté de juin 1994)
Mots clefs : générosité, morale, progéniture, responsabilité
1812 – Il faut savoir accepter d’être haï, quand il s’agit de défendre de bonnes raisons. C’est sans doute à ce prix que l’on peut, comme le dit l’expression populaire, continuer à se regarder dans la glace.
Emmanuel DIET (cité dans « Grandes Lignes » daté de juin 1994)
Mots clefs : haine, honte
1813 – [...] deviens ce que tu es. C’est la vérité de son être qui est le guide de la liberté de l’homme responsable de soi.
Georges COTTIER (cité dans Grandes Lignes daté de juin 1994)
Mots clefs : être, liberté, responsabilité, vérité
1814 – Acceptons tous ensemble la loi, la faute et le pardon et nous aurons usé au mieux de la morale. Yves PRIGENT (cité dans Grandes Lignes daté de juin 1994)
Mots clefs : faute, loi, morale, pardon
1815 – Les récits de famille ont cela de bon, qu’ils se gravent plus fortement dans la mémoire que les narrations écrites [...].
Alfred de VIGNY (Servitude et grandeur militaires)
Le club français du livre – 1961 – page 11
Mots clefs : famille, mémoire, récit
1816 – [...] l’existence du soldat est (après la peine de mort) la trace la plus douloureuse de barbarie qui subsiste parmi les hommes [...].
Alfred de VIGNY (Servitude et grandeur militaires)
Le club français du livre – 1961 – page 20
Mots clefs : barbarie, peine de mort, soldat
1817 – L’abnégation du guerrier est une croix plus lourde que celle du martyr.
Alfred de VIGNY (Servitude et grandeur militaires)
Le club français du livre – 1961 – page 22
Mots clefs : abnégation, guerrier, martyr
1818 – [...] on n’est jamais plus gai que lorsqu’on n’a rien [...].
Alfred de VIGNY (Servitude et grandeur militaires)
Le club français du livre – 1961 – page 49
Mots clefs : dénuement, gaieté
1819 – [...] il n’est point vrai que, même contre l’étranger, la guerre soit « divine » ; il n’est point vrai que « la terre soit avide de sang ». La guerre est maudite de Dieu et des hommes qui la font et qui ont d’elle une secrète horreur, et la terre ne crie au ciel que pour lui demander l’eau fraîche de ses fleuves et la rosée pure de ses nuées.
Alfred de VIGNY (Servitude et grandeur militaires)
Le club français du livre – 1961 – page 76
Mots clefs : étranger, guerre, terre
1820 – Telle qu’elle est, l’armée est un bon livre à ouvrir pour connaître l’humanité ; on y apprend à mettre la main à tout, aux choses les plus basses comme aux plus élevées ; les plus délicats et les plus riches sont forcés de voir vivre de près la pauvreté et de vivre avec elle, de lui mesurer son gros pain et de lui peser sa viande.
Alfred de VIGNY (Servitude et grandeur militaires)
Le club français du livre – 1961 – page 77
Mots clefs : armée, humanité, pauvreté
17:30 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.12.2007
Citations-1801à1810- Bott, Guérin, Camus, Paz, Reynaert, Drillon
Une navigation à travers les livres ou la presse qui nous amène de François BOTT à Jacques DRILLON, en passant par jean-Yves GUERIN, Albert CAMUS, Octavio PAZ et François REYNAERT.
1801 – La naissance nous a arrachés à une longue navigation et la mort nous la fait reprendre.
François BOTT (Gina)
Editions Flammarion – 1994
Mots clefs : mort, naissance, navigation
1802 – L’homme de gauche, souvent, hésite à faire face aux faits qui fracassent ses convictions.
Jean-Yves GUERIN (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : conviction, gauche
1803 – Ce qui frappe le plus, dans le monde où nous vivons, c’est d’abord, et en général, que la plupart des hommes (sauf les croyants de toutes espèces) sont privés d’avenir. Il n’y a pas de vie valable sans projection sur l’avenir, sans promesse de mûrissement et de progrès. Vivre contre un mur, c’est la vie des chiens. Eh bien ! les hommes de ma génération et de celle qui entre aujourd’hui dans les ateliers et les facultés ont vécu et vivent de plus en plus comme des chiens.
Albert CAMUS (Siècle de la peur - Paru dans « Combat » - novembre 1946)
Mots clefs : avenir, chien, progrès
1804 – Les promesses faites à soi-même sont les plus importantes et les plus graves. Surtout si elles ne sont pas tenues.
Octavio PAZ (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mot clef : promesse
1805 – [...] l’idée de l’autre et de l’amour est le fondement même de notre civilisation. Si l’idée de la personne disparaît, notre civilisation disparaît. Dans ce siècle, nous avons par deux fois fait face à une terrible menace contre la personne humaine, avec le nazisme et le communisme. Aujourd’hui, nous devons affronter une nouvelle menace, qui n’est plus politique mais tout aussi profonde : c’est la science même et la conception totalement biologique de l’esprit. Ce sont des menaces contre la personne humaine mais aussi, par conséquent, contre l’amour et notre civilisation.
Octavio PAZ (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : amour, autre, civilisation, communion, esprit, nazisme, personne humaine, science
1806 – L’une des finalités de l’érotisme est de dompter le sexe. Il protège la société contre les assauts de la sexualité brute.
Octavio PAZ (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : érotisme, sexualité
1807 – L’érotisme est pour moi avant tout une cérémonie de l’imagination. Dans une société purement animale, il n’y a pas érotisme puisqu’il n’y a ni cérémonie, ni imagination. C’est un retour à l’innocence originelle. Les animaux ont des périodes de chaleur, les hommes pas. C’est pour cela qu’on a inventé l’érotisme. C’est, si l’on veut, une « chaleur » ritualisée. Aujourd’hui, la vision marchande de l’érotisme, à travers la pornographie, est une mutilation de l’imagination.
Octavio PAZ (dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : cérémonie, érotisme, imagination, pornographie, rite
1808 – [...] l’amour unique est une exigence sans laquelle l’amour n’est pas l’amour. Sinon, nous avons affaire à un vagabondage, à une dispersion amoureuse, agréable certes, mais pas essentielle. Dans l’amour, il y a toujours cette notion de sacrifice. Dans l’érotisme, on peut changer à l’infini de partenaires. Mais dans l’amour, puisque l’objet devient sujet et le sujet volontairement objet de l’autre, alors la réciprocité est exigée. Et la réciprocité exige l’amour unique. Cette dialectique de l’amour unique est liée à celle de la liberté/soumission. Je te choisis parce que tu m’attires, mais aussi pour quelque chose que je ne sais pas. Et ce « quelque chose » - appelez-le comme vous voudrez : âme, esprit... – est inséparable du corps. L’amour est toujours désir de complétude, de fusion avec l’autre.
Octavio PAZ (cité dans le Nouvel Observateur daté du 9 juin 1994)
Mots clefs : âme, amour, corps, esprit, érotisme, sacrifice
1809 – La vie du roi [Louis II de Bavière] est consternante, et sa légende est si belle.
François REYNAERT (dans le Nouvel Observateur daté du 16 juin 1994)
Mots clefs : histoire, légende, Louis II de Bavière
1810 – Tout le monde sait qu’il faut se méfier de ceux qui n’aiment pas Mozart ; mais que penser de ceux qui, bien au-delà du terme fixé à leur passion, ont continué d’aimer Wagner ?
Jacques DRILLON (dans le Nouvel Observateur daté du 16 juin 1994)
Mots clefs : Mozart, musique, Wagner
18:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27.12.2007
Citations-1791à1800- Stevenson, Drillon, Reynaert, Solers, Stendhal, Morand, Bott
Sur l'art, la littérature, le langage, l'histoire, le rêve ou la vérité, Robert-Louis STEVENSON, Jacques DRILLON, François REYNAERT, Philippe SOLLERS, STENDHAL, Paul MORAND et François BOTT nous interpellent.
1790 – Le roman – qui est une œuvre d’art – existe non par ses ressemblances avec la vie, inévitables et matérielles, tout comme une chaussure est faite de cuir, mais par son incommensurable différence avec elle, différence délibérée, constituée de la méthode et du sens de l’œuvre.
Robert-Louis STEVENSON (cité dans le Nouvel Obs. daté du 19 mai 1994)
Mots clefs : œuvre d’art, roman, vie
1791 – La littérature enserrée dans un réseau de codes et de bonnes manières, ne peut appréhender qu’une partie de la réalité de l’homme.
Robert-Louis STEVENSON (cité dans le Nouvel Obs. daté du 19 mai 1994)
Mots clefs : littérature, réalité de l’homme
1792 – Celui qui n’a pas la maîtrise de son langage, n’a pas la connaissance de soi.
Robert-Louis STEVENSON (cité dans le Nouvel Obs. daté du 19 mai 1994)
Mots clefs : connaissance de soi, langage
1793 – La vérité concernant les faits n’est pas toujours la vérité. Une partie de la vérité peut être la calomnie la plus vile. Un fait peut être une exception, mais le sentiment est la loi. C’est lui qu’on ne peut ni dénaturer ni trahir.
Robert-Louis STEVENSON (cité dans le Nouvel Obs. daté du 19 mai 1994)
Mots clefs : calomnie, fait, sentiment, vérité
1794 – [...] le seul pouvoir qui vaille est celui de la pure humanité. Ce n’est alors seulement que les faibles et les puissants deviennent véritablement forts.
Jacques DRILLON (dans le Nouvel Observateur du 19 mai 1994)
Mots clefs : faible, fort, humanité, pouvoir, puissance
1795 – Est-ce un si grand péché de violenter l’Histoire, se demandaient jadis les sages, si c’est pour lui faire [de] beaux enfants.
François REYNAERT (dans le Nouvel Observateur daté du 16 juin 1994)
Mots clefs : histoire, vérité historique
1796 – L’art ? De plus en plus puisque c’est la même chose que l’amour.
Philippe SOLERS (dans le Monde daté du 24 juin 1994)
Mots clefs : amour, art
1797 – Un sot paraît dans la chapelle Sixtine, et sa petite voix en trouble le silence auguste par le son de ses vaines paroles ; où seront ces paroles ? où sera-t-il lui-même dans cent ans ? Il passe comme la poussière, et les chefs-d’œuvre immortels s’avancent en silence au travers des siècles à venir.
STENDHAL (cité dans le Monde daté du 24 juin 1994)
Mots clefs : art, chef-d’œuvre, Sixtine, temps
1798 – L’essentiel, pendant que nous y sommes, est de fuir les sots et de nous maintenir en joie.
STENDHAL (cité dans le Monde daté du 24 juin 1994)
Mots clefs : joie, sot
1799 – [...] les plus beaux voyages sont « ceux dont on rêve ».
Paul MORAND (cité dans le Monde daté du 24 juin 1994)
Mots clefs : rêve, voyage
1800 – D’après [Morand], c’étaient les états d’âme qui faisaient apparaître les séductions du paysage : devant le temple de Ségeste ou devant celui de Borolodur, « une âme vulgaire n’en resterait pas moins occupée de pensées vulgaires ». Peut-être... Mais l’inverse est également vrai, car les paysages modèlent et modifient l’âme des gens. On ne rêve pas de la même manière en Sicile et sur les bords de l’Océan Glacial arctique, même s’il suffit de descendre tout droit pour aller du cap Nord à Syracuse.
François BOTT (dans le Monde daté du 24 juin 1994)
Mots clefs : âme, état d’âme, paysage, pensée, rêve, vulgaire
21:55 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.12.2007
Citations-1781à1790- Paz, Bergerac, Troyat, Brancusi, Botton, Jaccard, Einrich, Stevenson
Octavio PAZ, Cyrano de BERGERAC, Henri TROYAT, Constantin BRANCUSI, Alain de BOTTON, Roland JACCARD, Barbara EINRICH, Robert-Louis STEVENSON: promenade à travers ... le "monde"!
BONNE SOIREE DE NOËL!
1781 – Freud était pour l’amour, il était le grand penseur de l’amour. Il a été libérateur, mais, comme tous les libérateurs, il a banalisé. Il a beaucoup parlé de l’inconscient, mais l’important, dans l’amour, c’est quand cette attraction inconsciente ou spontanée, animale même quelquefois, devient consciente. En ce sens, on peut dire que l’amour permet de résoudre les conflits cachés de l’inconscient, sans recours à la psychanalyse.
Octavio PAZ (dans le Monde daté du 27 mai 1994)
Mots clefs : amour, Freud, inconscient, psychanalyse
1782 – Mourir n’est rien, c’est achever de naître.
Cyrano de BERGERAC (cité dans le Monde daté du 27 mai 1994)
Mots clefs : mourir, naître
1783 – Une heure après la mort, notre âme évanouie sera ce qu’elle était une heure avant la vie.
Cyrano de BERGERAC (cité dans le Monde daté du 27 mai 1994)
Mots clefs : âme, mort
1784 – Quand je porte un livre dans ma tête, c’est merveilleux. J’ai l’impression que je vais enfin donner ma mesure. Et puis arrive le moment où il faut coucher l’idée sur le papier. Et là, incontestablement, la main vous trahit. Ce qui était bizarre et coloré s’affadit. L’exprimé est toujours moins beau que l’inexprimé : voilà le drame.
Henri TROYAT (cité dans le Monde daté du 27 mai 1994)
Mots clefs : écrire, exprimer, inexprimé, livre
1785 – Regardez mes sculptures jusqu’à ce que vous les voyiez.
Constantin BRANCUSI (cité dans le Monde daté du 27 mai 1994)
Mots clefs : œuvre d’art, regard, sculpture, voir
1786 – Nous n’aimerions pas s’il n’y avait en nous une sensation de manque mais, paradoxalement, nous nous irritons de constater le même manque chez l’autre.
Alain de BOTTON (Petite philosophie de l’amour)
Mots clefs : amour, manque
1787 – Toute histoire d’amour débute par une rencontre, en général fortuite, mais dont nous avons la certitude qu’elle a été décidée par les dieux.
Roland JACCARD (dans le Monde du 27 mai 1994)
Mots clefs : amour, dieu, rencontre
1788 – [...] le présent n’a jamais de date. Le présent, c’est la chose la plus extraordinaire qui soit. Si vous lisez, par exemple des poèmes grecs écrits au troisième siècle avant le Christ, vous découvrez des sentiments, des émotions qui sont les mêmes que les nôtres. L’instant ne change pas. L’histoire change, les siècles changent, les coutumes, les destinées, les idées, tout ça change, mais l’instant, jamais : il est toujours identique à lui-même. Et c’est la seule fenêtre dont nous disposons pour percevoir l’autre côté du temps.
Octavio PAZ (dans le Monde daté du 27 mai 1994)
Mots clefs : changement, émotion, instant, poésie grecque, présent, temps
1789 – Moi, j’appartiens à cette catégorie de femmes qui aiment les hommes et les aiment plutôt entiers que castrés... Mais si les hommes utilisent leur pénis comme une arme, il est légitime qu’on puisse les désarmer.
Barbara EINRICH (cité dans le Nouvel Obs. daté du 19 mai 1994)
Mots clefs : arme, castration, femme, homme, pénis
1790 – Le roman – qui est une œuvre d’art – existe non par ses ressemblances avec la vie, inévitables et matérielles, tout comme une chaussure est faite de cuir, mais par son incommensurable différence avec elle, différence délibérée, constituée de la méthode et du sens de l’œuvre.
Robert-Louis STEVENSON (cité dans le Nouvel Obs. daté du 19 mai 1994)
Mots clefs : œuvre d’art, roman, vie
20:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.12.2007
Citations-1771à1780- Duby, Halimi, Dumas
Georges DUBY, Gisèle HALIMI d'un côté, Philippe SOLERS et Octavio PAZ de l'autre, pour encadrer Alexandre DUMAS père, qui n'a pas écrit que les Trois Mousquetaires.
1771 – Les rapports entre le masculin et le féminin ne sont plus ce qu’ils étaient. La modification d’ensemble des relations familiales est une mutation bouleversante, la plus importante, peut-être, de tous les changements qui affectent notre civilisation à la veille du troisième millénaire.
Georges DUBY (cité dans « le Monde » daté du 22 avril 1994)
Mots clefs : changement, civilisation, féminin, masculin, modification, mutation, relations familiales
1772 – Bien que constitutionnellement laïque, notre pays reste imbibé de culture religieuse, de tabous judéo-catholiques. Depuis la Genèse, et jusque dans la traduction moderne de gouvernements natalistes, soucieux de donner aux hommes une priorité dans l’emploi. A la femme, gardienne du foyer, est assignée la sphère privée. A l’homme, la sphère publique, les affaires de l’Etat, la décision politique. La femme reproduit, l’homme produit.
Gisèle HALIMI (dans « le Monde » daté du 13 mai 1954)
Mots clefs : femme, Genèse, homme, judéo-catholique
1773 – Entre la figure du conquérant et celle du pirate, disaient les anciens, quelle différence trouvera-t-on ? Celle que l’on trouve entre l’aigle et le vautour.
La sérénité ou l’inquiétude.
Alexandre DUMAS (La tulipe noire)
Grands écrivains – 1986 – pages 26/27
Mots clefs : aigle, conquérant, inquiétude, pirate, sérénité, vautour
1774 – [...] un homme a toujours reçu du ciel trop pour être heureux, assez pour ne l’être pas.
Alexandre DUMAS (La tulipe noire)
Grands écrivains – 1986 – page 49
Mots clefs : bonheur, ciel
1775 – [...] les grandes âmes trouvent dans la philosophie d’étonnantes ressources au milieu des grandes catastrophes.
Alexandre DUMAS (La tulipe noire)
Grands écrivains – 1986 – page 52
Mots clefs : catastrophe, philosophie
1776 - Celui qui n’a plus à vivre qu’une heure est un grand sybarite s’il a besoin de quelque chose [...].
Alexandre DUMAS (La tulipe noire)
Grands écrivains – 1986 – pages 96/97
Mots clefs : besoin, mort
1777 – Il était de ces natures choisies qui ont horreur du commun et qui manquent souvent toutes les bonnes occasions de la vie, faute d’avoir pris la route du vulgaire, ce grand chemin des gens médiocres et qui les mène à tout.
Alexandre DUMAS (La tulipe noire)
Grands écrivains – 1986 – page 217
Mots clefs : commun, médiocre, occasion, vulgaire
1778 – [...] dans les discours les plus indifférents des hommes politiques, les amis ou les ennemis de ces hommes veulent toujours y voir reluire et croient toujours pouvoir interpréter par conséquent un rayon de leur pensée.
Alexandre DUMAS (La tulipe noire)
Grands écrivains – 1986 – page 238
Mots clefs : discours, homme politique, pensée
1779 – On ne dira jamais assez de bien de la Régence. On n’insistera jamais assez sur le fait que le fond des choses se joue sans cesse entre puritains et libertaires, le puritanisme se manifestant bien entendu « aussi » par l’utilisation de la caricature pornographique. Question de goût.
D’un côté, tragédie, pathos, religiosité, morbidité, grands sentiments, brutalité, folie, confusion, lourdeur. De l’autre, improvisation, égalité spontanée des sexes, conversations rapides, échanges complexes et précis, profondeur par légèreté, relativité, plaisir.
Philippe SOLERS (dans le Monde daté du 20 mai 1994)
Mots clefs : libertin, pornographie, puritanisme, Régence
1780 – L’amour est, en effet, la découverte d’une personne unique, libre, qui peut me rendre heureux ou malheureux, qui peut me trahir ou non, mais que je choisis. L’amour est fondé sur le choix, l’exclusivité, la liberté, la réciprocité. C’est très difficile à soutenir dans la vie de tous les jours, c’est héroïque quelquefois et, en même temps, c’est la grande invention de notre civilisation.
Octavio PAZ (dans le Monde daté du 27 mai 1994)
Mot clef : amour
17:55 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.12.2007
Citations-1761à1770- Bobin, Andreas-Salomé, Benlyazid, Walter, Valéry, Juliet, Bianciotti, Deschamps, Drouin
Un peu de tout avec Christian BOBIN, Lou ANDREAS-SALOME, Farida BENLYAZID, Guy WALTER, Paul VALERY, Charles JULIET, Hector BIANCIOTTI, Léger-Marie DESCHAMPS, Pierre DROUIN : à prendre ou à laisser, selon vos goûts et vos humeurs du moment...
1761 – Nous n’attendons pas assez de l’amour. Nous en attendons tout. Mais « tout » ce n’est pas assez. Rien ne saurait fleurir dans une attente aussi misérable. Nous attendons l’amour comme un enfant espère une récompense, un jouet très cher. Nous voudrions tant être, au moins une fois, au moins un jour, comblés, et recevoir enfin la puissance avec la fièvre, la douceur avec la force. Nous voudrions tant ne plus être seuls.
Christian Bobin (Une histoire faible - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 166
Mots clefs : amour, attente, solitude
1762 – La Vie est œuvre poétique [...]. Sans en être conscients nous-mêmes, nous La vivons jour après jour par fragments, mais c’est Elle, dans son intangible totalité, qui tisse notre vie, en compose le poème... cette œuvre d’art qu’est notre vie, nous n’en sommes pas l’auteur .
Lou ANDREAS-SALOME (Lettre ouverte à Freud)
Editions Lieu Commun – 1983 – page 14
Mots clefs : art, œuvre d’art, vie
1763 – Le bonheur se construit avec la patience.
Farida BENLYAZID (La patience est belle - dans « La patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 200
Mots clefs : bonheur, patience
1764 – - Il ne s’agit pas de ça. Il s’agit des droits. Les hommes ont tous les droits et les femmes n’en ont aucun.
- Qui t’a dit ça ? Ce n’est pas vrai. Dieu a donné à chacun ses droits et ses devoirs. Dieu a créé les hommes plus forts et les femmes plus rusées. Quant à la patience, elle est demandée aux deux. Celui qui ne veut pas en user en subira les conséquences.
Farida BENLYAZID (La patience est belle - dans « La patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 204
Mots clefs : devoir, droits, femme, homme, patience
1765 – L’homme patient sait attendre. Il sait aussi, pas à pas, arriver à ses fins. Le monde ne s’est pas fait en un jour. Il croit encore à l’histoire : c’est dire qu’il faut, d’une part enchaîner les épisodes pour qu’elle se construise et finisse par signifier qu’un destin se trace, celui d’un homme comme celui de l’humanité, d’autre part que le temps s’oriente progressivement vers un sens, le sens de la marche, de la marche du temps, toujours plus complexe et qui tient compte de tout ce qui s’y inscrit et que nous ne savons pas toujours lire.
Guy WALTER (Pensif, pensant... - dans « La patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – pages 210/211
Mots clefs : destin, histoire, patience, temps
1766 – Le chef d’œuvre des religions fut d’amener les gens à croire qu’ils croyaient des choses qu’il n’est pas possible de penser.
Paul VALERY (cité dans « le Monde » daté du 13 mai 1994)
Mots clefs : pensée, religion
1767 – On peut avoir connaissance de bien des aspects d’un être, de sa personnalité, mais tant qu’on ne connaît pas ses rêves, ses fantasmes, ses désirs les plus secrets, ce qu’enfante son imagination, on ne sait pas grand chose de lui.
Charles JULIET (cité dans « le Monde » daté du 13 mai 1994)
Mots clefs : connaissance des autres, désir, fantasme, imagination, rêve
1768 – Pour ce qui est de l’Enfer... « Pourquoi serait-on coupable d’être ce que l’on est ? » s’écrie [Marie Noël] par instants, avant de céder à ce sentiment de culpabilité qui précède la faute, et qui n’est pas le lot du seul croyant
« Je m’accuse, le jour d’hiver où je suis née,
D’être tombée en moi comme en un grand danger » .
Hector BIANCIOTTI (dans « le Monde » daté du 13 mai 1994)
Mots clefs : culpabilité, enfer, faute, naissance
1769 – La pensée n’est jamais que le jeu plus ou moins harmonique des fibres du cerveau.
Léger-Marie DESCHAMPS (dans « le Monde » daté du 13 mai 1994)
Mots clefs : cerveau, pensée
1770 – Allons à l’essentiel. Qu’il s’agisse de biologie ou de société, le principe « kahnien » est celui-ci : toute structure de base est invariante en ce sens que toute évolution qui ne se situe pas dans le cadre de cette structure serait vouée à l’échec. Mais toute structure invariante disparaîtrait si, confrontée à un puissant choc de l’environnement, elle n’auto-élaborait pas une recomposition interne qui lui permettrait de sauver cette invariance. [...]
Pratiquement ? Le socle social est de granit. L’esclavagisme, par exemple, est une structure invariante, sans cesse recomposée au fil des temps, de même que le capitalisme et l’aspiration au socialisme, le tribalisme [...], la religion, le langage ou la race qui n’existe pratiquement depuis l’origine que dans la mentalité de tous les groupes humains, selon notre auteur.
Pierre DROUIN (cité dans « le Monde » daté du 13 mai 1994)
Mots clefs : biologie, capitalisme, esclavagisme, évolution, invariance, langage, race, religion, socialisme, société, structure de la société, tribalisme
17:40 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.12.2007
Citations-1751à1760- Alain, Weil, Debarbieux, Chaliand, Gracian y Morales
Autour de la patience, à nouveau, avec cette fois ALAIN, Simone WEIL, Anne-Marie DEBARBIEUX, Gérard CHALIAND et Baltasar GRACIAN Y MORALES.
1751 – Si l’art d’instruire ne prend pour fin que d’éclairer les génies, il faut en rire, car les génies bondissent au premier appel, et percent la broussaille. Mais ceux qui s’accrochent partout et se trompent sur tout, ceux qui sont sujets à perdre courage et à désespérer de leur esprit, c’est ceux-là qu’il faut aider.
ALAIN (cité dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 133
Mots clefs : génie, instruction
1752 – [...] chacun est juste aussi intelligent qu’il veut. Le langage aurait pu m’en instruire assez ; car imbécile veut exactement dire faible ; ainsi l’instinct populaire me montre en quelque sorte du doigt ce qui fait la différence de l’homme de jugement au sot. Volonté, et j’aimerais encore mieux dire travail, voilà ce qui manque.
ALAIN (cité dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 134
Mots clefs : intelligence, sottise, travail, volonté
1753 – [...] les travaux d’écolier sont des épreuves pour le caractère, et non point pour l’intelligence. Que ce soit orthographe, version ou calcul, il s’agit de surmonter l’humeur, il s’agit d’apprendre à vouloir.
ALAIN (cité dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 135
Mots clefs : caractère, humeur, intelligence, volonté
1754 – On n’apprend pas à dessiner en regardant un professeur qui dessine très bien. On n’apprend pas le piano en écoutant un virtuose. De même, me suis-je dit souvent, on n’apprend pas à écrire et à penser en écoutant un homme qui parle bien et qui pense bien. Il faut essayer, faire, refaire, jusqu’à ce que le métier entre, comme on dit.
ALAIN (cité dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 136
Mots clefs : apprentissage, dessin, écrire, métier, musique, penser, persévérance
1755 – Vingt minutes d’attention intense et sans fatigue valent infiniment mieux que trois heures de cette application aux sourcils froncés qui fait dire avec le sentiment de devoir accompli « J’ai bien travaillé ».
Simone WEIL (Attendre la vérité avec désir - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 138
Mots clefs : application, attention, concentration, travail
1756 – L’attente est, certes, parfois ingrate, mais la récompense est à la mesure de nos efforts. Ce que l’on obtient trop facilement nous apporte rarement un vrai sentiment de bonheur.
Anne-Marie DEBARBIEUX (Mot par mot, la vie - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 143
Mots clefs : attente, bonheur, effort
1757 – Pour ceux qui défendent une cause, la fin justifie toujours les moyens. Nous avons, au XXème siècle, les exemples des bolcheviks, des fascistes, des mouvements de libération nationaux et des intégrismes de toutes sortes. La diabolisation de l’adversaire permet de tout justifier. Il faut en outre préciser que, si les démocraties libérales sont soucieuses de morale en temps de paix, la crise violente qu’est la guerre entraîne d’autres comportements. La fin, à cette occasion, justifie également les moyens.
Gérard CHALIAND (Vertu stratégique - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 159
Mots clefs : bolchevik, fasciste, fin, guerre, intégrisme, moyen, paix
1758 – La précarité de la guerre donne aux moments, aux êtres comme aux choses, un prix singulier.
Gérard CHALIAND (Vertu stratégique - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 159
Mots clefs : précarité, guerre
1759 – Un peuple qui ne peut plus assumer lorsque c’est nécessaire la violence accepte non seulement de voir bafouer la justice mais consent à la servitude.
Gérard CHALIAND (Vertu stratégique - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 160
Mots clefs : justice, servitude, violence
1760 – Ne s’empresser, ni ne se passionner jamais, c’est la marque d’un cœur qui est toujours au large. Celui qui sera le maître de soi-même le sera bientôt des autres. Il faut traverser la vaste carrière du temps pour arriver au centre de l’occasion. Un temporisement raisonnable mûrit les secrets et les résolutions. La béquille du temps fait plus de besogne que la massue du fer d’Hercule. [...]. Ce mot est beau : « Le temps et moi nous en valons deux autres ». La fortune même récompense avec usure ceux qui ont la patience de l’attendre.
Baltasar GRACIAN y MORALES (L’homme de cour-dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 164
Mots clefs : Hercule, maîtrise de soi, occasion, patience
18:30 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.12.2007
Citations-1741à1750- Nietzsche, Kafka, Chalier, Ellul, Visuvalingam
Patience, impatience : quelques nouvelles résonances pour compléter notre collection; NIETZSCHE, Franz KAFKA, Catherine CHALIER, Jacques ELLUL, Elisabeth VISUVALINGAM nous y aident....
1741 – Il existe toutes sortes d’yeux... aussi il y a en conséquence toutes sortes de vérités, et en conséquence il n’y a aucune vérité.
NIETZSCHE (cité dans « Un voyage au paradis - dans La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – pages 62/63
Mots clefs : oeil, vérité
1742 – Il y a deux péchés capitaux humains d’où tous les autres dérivent, l’impatience et la paresse. Ils ont été chassés du Paradis à cause de leur impatience, ils n’y rentrent pas à cause de leur paresse.
Franz KAFKA (Préparatifs de noce à la campagne)
Editions Gallimard – 1957- page 37
Mots clefs : impatience, paradis, paresse, péché
1743 – [...] la plupart des hommes des sociétés occidentales « n’ont » tout simplement « plus le temps », comme si, à force de vouloir le maîtriser et se l’approprier, ils l’avaient perdu. Comme si, à bout d’impatience, ils s’étaient mis à détester l’attente, les délais et tout ce qui ne s’ajuste pas d’emblée à leur désir, c’est à dire en fait tout ce qui est autre.
Catherine CHALIER (Ne pas hâter les temps de la fin – « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 87
Mots clefs : attente, autre, délai, désir, impatience, temps
1744 – « On attendait le royaume de Dieu, et c’est l’Eglise qui est venue ! »
Jacques ELLUL (De l’inertie au combat – « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 93
Mots clefs : dieu, église
1745 – « La convoitise est la racine de tous les mots ». (et, après tout, Eve est le modèle de la convoitise quand elle vit que « le fruit était beau, bon à manger et utile à ouvrir l’intelligence »). Et voici que la patience [...] est le contraire de la convoitise. Elle prend le temps, elle calcule le bien et le mal, elle ne désire pas aller au-delà de ses limites, elle accepte de ne pas tout avoir... Si, donc, la convoitise est la racine de tous les maux, la patience serait un remède bien nécessaire pour l’équilibre et le bonheur de chacun.
Jacques ELLUL (De l’inertie au combat – « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 94
Mots clefs : convoitise, patience
1746 – [...] il ne s’agit pas de tentation quand on pense (ce que l’on fait habituellement) à l’un ou l’autre de ces « péchés », tentation de voler une bague, tentation de posséder telle situation, tentation sexuelle... Ce sont des amenuisements de ce qu’est vraiment la tentation. La seule véritable, c’est la rupture avec Dieu, et la rupture avec le prochain – le reste est menue monnaie.
Jacques ELLUL (De l’inertie au combat – « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 91
Mots clefs : dieu, prochain, tentation
1747 – « L’homme propose et Dieu dispose ». Non, c’est le contraire ! Dieu propose, et il laisse l’homme disposer !
Jacques ELLUL (De l’inertie au combat – « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 97
Mot clef : dieu
1748 – Il y a deux sortes d’entraves : 1. celles qui dépendent de l’affection ; 2. celles qui dépendent de l’aversion. Le respect et les hommages n’engendrent point l’aversion, mais conduisent à l’affection et à l’attachement ; ce sont d’adroits séducteurs ; c’est pourquoi il faut pratiquer l’indifférence à leur égard, sans s’y attacher et sans les aimer. Comment y rester insensible ? En considérant leur impermanence et [en sachant] qu’ils sont une source d’entraves.
Elisabeth VISUVALINGAM (Compassion ou renoncement – « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – pages 120/121
Mots clefs : affection, aversion, entraves, hommage, respect
1749 – [...] le péché d’impatience est plus grave que l’affront. Pourquoi ? Parce que l’homme impatient est méprisé par les saints et les honnêtes gens, tandis que l’homme patient est seulement méprisé par le vulgaire. Entre deux mépris, mieux vaut celui des ignorants que celui des saints.
Elisabeth VISUVALINGAM (Compassion ou renoncement – « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 118
Mots clefs : impatience, mépris
1750 – La patience requiert toujours [...] une ouverture sur l’autre, en cela elle se différencie de la résignation ou de la passivité qui indiquent plutôt une fermeture à l’autre.
Elisabeth VISUVALINGAM (Compassion ou renoncement – « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 127
Mots clefs : autre, passivité, patience, résignation
17:20 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.12.2007
Citations-1731à1740- Vergely, Poirot-Delpech, Bosquet, Lehn, Ouaknin
Pêle-mêle, Bertrand VERGELY, Bernard POIROT-DELPECH, Alain BOSQUET, Jean-Lehn LEHN, Marc-Alain OUAKNIN
1731 – Sous toutes ses formes, l’impatience est, derrière le refus du temps, un refus de l’Autre et un asservissement aux pulsions du même.
Bertrand VERGELY (Le retournement du mal - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 30
Mots clefs : autre, impatience, temps
1732 – Est-ce être un « homme pressé », tyrannique et ambitieux, que de vouloir goûter les choses ici et maintenant, et non ailleurs et plus tard ? Qui est le plus tyrannique ? Celui qui, refusant de sacrifier le présent à un avenir idéal, finit par faire vivre un bonheur d’exister à force de cueillir les plaisirs immédiats ? Ou celui qui, à force de sacrifier le présent à un avenir idéal et grandiose, finit par faire désespérer du bonheur à force de ne jamais risquer une joie immédiate.
Bertrand VERGELY (Le retournement du mal - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 31
Mots clefs : avenir, bonheur, joie, présent, pressé
1733 – Décortiquer les mots – on appelle ça la philologie – mène [...] au pire. Ne s’explique bien que ce qui va de soi ; et ce qui va de soi, s’en méfier comme de la peste.
Bertrand POIROT-DELPECH (dans le Monde daté du 20 avril 1994)
Mots clefs : évidence, mot, philologie
1734 – Demain sans moi / Cet univers sera ce qu’il est avec moi.
Alain BOSQUET (cité dans « le Monde » daté du 22 avril 1994)
Mots clefs : individu, humanité, univers
1735 – Le risque apparaît avec la vie. Le risque zéro n’existe pas, sinon dans un monde mort.
Jean-Marie LEHN (dans « le Monde » daté du 27 avril 1994)
Mots clefs : mort, risque, vie
1736 – Trop céder à la patience, c’est céder à son hypnose et à la douceur exquise et vénéneuse qui ne laisse apercevoir que trop tard, quand tout est consommé, que le néant est la seule chose qui se fasse toute seule.
Bertrand VERGELY (Le retournement du mal - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – pages 32-33
Mots clefs : néant, patience
1737 – « La rose est sans pourquoi » disait Angelus Silesius, et l’homme serait bien avisé de se faire quelque part rose car, cessant d’attendre le salut venant d’un Dieu, il renouerait alors avec sa propre humanité à travers une sagesse lui faisant découvrir le don de l’émerveillement dans la vertu du désespoir [...].
Bertrand VERGELY (Le retournement du mal - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 35
Mots clefs : désespoir, dieu, homme, humanité, rose, sagesse, salut, Silesius
1738 – Un malaise, une solitude ne sont pas forcément négatifs car, passé le cap d’un certain vide où l’on se sent abandonné, on finit par découvrir en soi des forces insoupçonnées. Privé au contraire de cette confrontation avec soi qu’engendre le vide, on demeure à jamais coupé de la possibilité qui était offerte de pouvoir découvrir un surcroît de forces cachées. Le désespoir, à cet égard, comme la mort de Dieu ne sont pas dépourvus d’effets thérapeutiques. Pour terrifiant qu’il puisse paraître, l’abandon est nécessaire si l’on veut apprendre à marcher seul. On découvre son potentiel vital quand on sait que personne ne viendra à notre aide pour vivre à notre place.
Bertrand VERGELY (Le retournement du mal dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 36
Mots clefs : abandon, désespoir, dieu, force, potentiel, solitude, vide
1739 – Il y a dans l’impatience une vertu qui conduit à réhumaniser celle-ci, quand les hommes sont tentés de se fabriquer des sagesses dans lesquelles il s’agit de trouver une paix qui ressemble à un oubli, en se désincarnant et en se fondant dans un cosmos immuable et divin.
Bertrand VERGELY (Le retournement du mal - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 41
Mots clefs : cosmos, impatience, oubli, paix, sagesse
1740 – La question essentielle n’est pas « qu’est-ce que l’interprétation [du Talmud] ? » mais « pourquoi y a-t-il interprétation ? »
Il y a interprétation pour montrer que « contrairement aux prétentions de l’idéologie, le sens se construit patiemment, qu’il ne s’identifie pas à une vérité toute faite qu’il suffirait de s’approprier une fois pour toutes et d’imposer aux autres » [...]. Il y a interprétation pour rappeler qu’aucune parole ne peut se faire imposition, dogme ou vérité. Il y a interprétation pour que le Texte – quel qu’en soit le lieu théologique – ne se transforme pas en idole. Il y a interprétation, enfin, pour découvrir les immenses dangers de l’idée de vérité.
Marc-Alain OUAKNIN (Un voyage au paradis - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 59
Mots clefs : dogme, idéologie, idole, interprétation, Talmud, texte, vérité
19:05 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.12.2007
Citations-1721à1730- Camus, Sim, Chalier, Thomas d'aquin, Baranes, Vergely
Autour de l'amour, de la patience et de quelques autres vertus, avec Albert CAMUS, SIM, Catherine CHALIER, Saint-THOMAS d'AQUIN, William BARANES, Bertrand VERGELY.
1721 – [...] les hommes qui partagent les mêmes chambres, soldats ou prisonniers, contractent un lien étrange comme si, leurs armures quittées avec les vêtements, ils se rejoignaient chaque soir, par-dessus leurs différences, dans la vieille communauté du songe et de la fatigue.
Albert CAMUS (L’hôte dans « L’exil et le royaume »)
Editions Gallimard – collection Folio – 1985 – page 96
Mots clefs : chambrée, communauté, différence, fatigue, songe
1722 – Un peu d’amour, c’est énorme. Qu’importe comme on l’obtient !
Albert CAMUS (Jonas dans « L’exil et le royaume »)
Editions Gallimard – collection Folio – 1985 – page 54
Mot clef : amour
1723 – Il y a toujours des milliers de lâches pour respecter un seul salaud.
SIM (cité dans les«Affiches du Moniteur d’Alsace »daté du 19 avril 1994)
Mots clefs : lâche, respect, salaud
1724 – L’être humain n’advient à lui-même qu’au prix de l’effort et de l’attente, de l’apprentissage et des multiples étapes qu’il faut franchir, une à une, à force de répétitions, de recommencements après l’échec et de joie d’aller plus loin qu’hier.
Catherine CHALIER (Préface – dans « la Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 10
Mots clefs : apprentissage, échec, effort, être humain, patience
1725 – [...] c’est sans doute aussi parce qu’il sait que sa vie compte au regard aimant de quelques êtres au moins que le vieillard accepte que le temps lui soit désormais compté.
Catherine CHALIER (Préface – dans « la Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 13
Mots clefs : amour, temps, vieillard
1726 – Les vertus sont des habitudes.
Saint THOMAS D’AQUIN (cité par W.Baranès dans « la Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 20
Mot clef : vertu
1727 – Patienter, c’est ne pas se laisser aller à l’affliction. Un de mes amis disait : « Renoncer à l’accablement et au malheur ».
William BARANES (Renoncer au renoncement – dans « la Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 22
Mots clefs : accablement, affliction, malheur, patience
1728 – « S’estimer moins qu’on ne vaut », ce qui est le propre de la pusillanimité, est volontiers le fait de l’orgueilleux quand il est faible, parce que l’orgueil vise à exalter le moi et que, le moi étant le plus souvent médiocre, l’orgueilleux choisit plus volontiers la pusillanimité que son contraire, la magnanimité, qui consiste à « s’efforcer de faire ce qui est digne d’honneur », parce qu’il est plus commode de se mésestimer que de tenter de se hisser à la hauteur de ses ambitions.
William BARANES (Renoncer au renoncement – dans « la Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 23
Mots clefs : ambition, honneur, magnanimité, orgueil, pusillanimité
1729 – La plus grande des patiences consiste [...] à nous supporter, nous-mêmes et notre faiblesse, sans faiblesse. Mieux encore, la patience doit être comme une lutte contre l’acceptation des passions tristes, et c’est ce qui en fait une vertu essentielle, parce que la tristesse est ce qui sape le plus sûrement le moi, et toute envie de vie.
William BARANES (Renoncer au renoncement – dans « la Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 24
Mots clefs : faiblesse, patience, tristesse, vertu
1730 – L’idée qu’il y a plus urgent que l’éthique est l’argument par excellence que l’on avance toujours contre celle-ci. L’idée enfin que l’homme se nourrit avant tout de pain, et que le ciel peut attendre, nourrit la commune idolâtrie de la terre.
Bertrand VERGELY (Le retournement du mal - dans « La Patience »)
Editions Autrement – Série Morales – 1992 – page 30
Mots clefs : éthique, idolâtrie, nourriture, pain
18:55 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


