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27.02.2008
Le salon du Wurtemberg (Pascal QUIGNARD)
LE SALON DU WURTENBERG (Pascal QUIGNARD)
L’argument : Retiré dans la vaste propriété familiale, à Bergheim, dans le Wurtemberg, un musicien célèbre revoit son enfance, cet univers déchiré entre deux langues, composé de chats, d'enfants, de vieilles demoiselles d'un raffinement d'un autre âge.
Il revoit sa mère qui l'a abandonné quand il avait quatre ans. Il découvre ce qui fait le centre, peut-être, de sa vie : l'amitié qu'il a portée à Florent, dans les années soixante. Les années passent et des êtres qui s'étaient séparés dans la violence ou la tristesse, dix ans après, se retrouvent.
L’auteur : Pascal Quignard est né en 1948 à Verneuil-sur-Avre (France). Ses parents sont enseignants (tous deux professeurs de lettres classiques). Il grandit au Havre. Son enfance est difficile, il passe par des périodes d’« autisme » et d'anorexie. Adolescent, ses goûts se portent sur la musique, le latin, le grec et les littératures anciennes…Pour se montrer à la hauteur de ses parents, il lui faut maîtriser le français rapidement et dans ses plus fines subtilités. Quant au goût pour ce que Pascal Quignard nomme les "langues originaires", le latin et le grec, il lui vient des jeux étymologiques qu'affectionnait sa mère. « Il n'y avait pas un repas qui ne soit interrompu par des recherches dans les dictionnaires. C'était à la fois fascinant et un peu effrayant de voir les lèvres de ma mère prononcer des mots cabalistiques, des dérivations dépourvues de sens pour un enfant. » Très vite, il est pris par la passion de sa vie : la lecture.
En 1968, il est étudiant en philosophie à Nanterre. Le Mercure de France publie son premier essai, consacré à Sacher Masoch en 1969, mais il faudra Le Salon du Wurtemberg en 1986 puis Les Escaliers de Chambord en 1989, pour révéler Pascal Quignard au grand public.
Il a enseigné à l’université de Vincennes et à l’École pratique des hautes études en sciences sociales. Il a fondé avec le président François Mitterrand le festival d’opéra et de théâtre baroque de Versailles.
Pascal Quignard a collaboré longtemps aux éditions Gallimard (lecteur extérieur à partir de 1969, puis membre du comité de lecture en 1976 et enfin en charge du secrétariat général du service littéraire, en 1990). En 1994, il a démissionné de toutes ses fonctions, pour se consacrer uniquement à son travail d’écrivain. Il déclare alors « Je suis plus heureux d’être libre et solitaire ». Le prix Goncourt 2002, obtenu pour Ombres errantes, a été perçu comme le couronnement d'une œuvre à mi-parcours.
Un avis : Le style est discursif et souvent subtil, parfois difficile à suivre, mais reflétant bien l’angoisse du temps qui passe. L'intrigue est mince ; ici c'est le détail et la description pleine de finesse des êtres et des situations qui importent. S’y joignent de nombreuses ouvertures sur une réflexion que l’on peut qualifier de psycho-philosophique. Ainsi le narrateur se dit hanté par tout ce qu’il a vécu. Cette infirmité obsédante détruit tout : amour, amitié ou même sens de sa propre vie. Sans l'oubli de ses haines, de ses peurs ou de ses désirs c'est un enfer qui s'ouvre : sans pardon, sans distance, sans répit. Un livre qui ressemble souvent à une oeuvre musicale, une « polyphonie littéraire » - souvent sombre, voire dramatique.
Sources : à partir d’Internet.
Gallimard – Collection Folio – 2002 – 433 pages
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