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30/11/2017

4151 à 4160 - F.Dostoïevski, V.Hugo, A.Barrico

4151 - - Maintenant il n'y a plus que des spécialistes, qui font de la publicité. Pour une maladie du nez, on vous envoie à Paris, chez un grand spécialiste. Il vous examine le nez. « Je ne puis, dit-il, guérir que la narine droite, car je ne traite pas les narines gauches, ce n'est pas ma spécialité. Allez à Vienne, il y a un spécialiste pour les narines gauches. »

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 670

 Mots clefs: malade, médecin, spécialiste (médecin - )

 

4152 - - Une jeune Normande, une blonde de vingt ans, arrive chez un vieux Père. Une beauté, un corps à faire venir l'eau à la bouche. Elle s'agenouille, murmure son péché à travers le grillage. « Comment, ma fille, vous voilà retombée?... O Sancta Maria, qu'entends-je, c'est déjà un autre. Jusqu'à quand cela durera-t-il; n'avez-vous pas honte? - Ah! Mon Père, répond la pécheresse éplorée, ça lui a fait tant de plaisir et à moi si peu de peine. » Considère cette réponse! C'est le cri de la nature elle-même, cela vaut mieux que l'innocence!

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 676

 Mots clefs: amour (- physique), innocence, nature, péché, plaisir

 

4153 - - Qui ne désire pas la mort de son père?

- Avez-vous votre raison? Ne put s'empêcher de dire le président.

- Mais oui, j'ai ma raison... Une raison vile comme la vôtre, comme celle de tous ces … museaux! - Il se tourna vers le public. - Ils ont tué leurs pères et simulent la terreur, dit-il avec mépris en grinçant des dents. Ils font des grimaces entre eux. Les menteurs! Tous désirent la mort de leurs pères.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 715

 Mots clefs: mensonge, mort (- du père), père

 

4154 - […] un gâteau dans la main d'autrui paraît toujours plus grand qu'il n'est en réalité.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 762

 Mots clefs: envie, gâteau, jalousie, voisin

 

4155 – Sachez qu'il n'y a rien de plus noble, de plus fort, de plus sain et de plus utile dans la vie qu'un bon souvenir, surtout quand il provient du jeune âge, de la maison paternelle. […] si l'on fait provision de tels souvenirs pour la vie, on est sauvé définitivement.

    Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – pages 808/809

 Mots clefs: famille, maison ( - paternelle), salut, souvenir

 

4156 – Un seul esclave sur la terre suffit pour déshonorer la liberté de tous les hommes.

    Victor HUGO (lettre à M. Octave Giraud - 17/1/1862 )

   (entendu sur France Inter )

Mots clefs: esclavage, liberté

 

4157 - - Vous l'emmènerez à Daschenbach, c'est une plage idéale pour les bains à la lame. Trois jours. Une immersion le matin et une l'après-midi. […]

- Elle en mourra, dit-il.

- C'est possible. Mais très improbable.

Seuls les grands docteurs savent être à ce point cynique dans l'exactitude.

     Alessandro BARRICO (Océan mer )

   Éditions Gallimard – Collection Folio – 2008 – page 62

 Mots clefs: balnéothérapie, cynisme, docteur, exactitude, médecin

 

4158 – Il aurait pu se passer n'importe quoi, à cet instant-là.

Vraiment, il y a des instants où l'enchaînement logique omniprésent des causes et des effets craque, pris au dépourvu par la vie même, et descend dans la parterre, se mêlant au public,, laissant sur scène, sous les projecteurs d'un liberté vertigineuse et soudaine, une main invisible pêcher dans le giron illimité du possible, et, entre des millions de choses, n'en laisser advenir qu'une seule.

     Alessandro BARRICO (Océan mer )

   Éditions Gallimard – Collection Folio – 2008 – page 64/65

 Mots clefs: hasard, imprévisible, liberté, possible

 

4159 - Langlais n'était pas médecin et n'avait jamais sauvé personne. Mais sa propre vie lui avait appris le pouvoir thérapeutique imprévisible de l'exactitude . Lui-même se soignait, on pouvait le dire, exclusivement à l'exactitude. Elle était le médicament qui, dissous dans chaque gorgée de sa vie, maintenait éloigné de lui le poison de l'égarement.

    Alessandro BARRICO (Océan mer )

   Éditions Gallimard – Collection Folio – 2008 – pages 79/80

 Mots clefs: égarement, exactitude, médicament

 

4160 - - Elle n'a pas de mur, Tombouctou, parce que là-bas ils pensent, depuis toujours, que sa beauté suffirait à elle seule, pour arrêter n'importe quel ennemi.

     Alessandro BARRICO (Océan mer )

   Éditions Gallimard – Collection Folio – 2008 – page 81

 Mots clefs: beauté, Tombouctou

 

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26/11/2017

4141 à 4150 - F.Dostoievski

4141 – […] dans certains cas il est plus honorable de céder à un entraînement déraisonnable, provoqué par un grand amour, que d'y résister. A plus forte raison dans la jeunesse, car selon moi un jeune homme constamment judicieux ne vaut pas grand chose.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 365

 Mots clefs: amour, entraînement, jeunesse, raisonnable

 

4142 - […] j'ai appris que non seulement il est impossible de vivre en se sentant malhonnête, mais aussi de mourir avec ce sentiment-là... Il faut être honnête pour affronter la mort.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 517

 Mots clefs: honnêteté, malhonnêteté, mort, remords

 

4143 - - […] Tu as remarqué comme les chiens se flairent en s'abordant? C'est là chez eux, une loi générale de la nature.

          - Oui, une loi ridicule.

          - Mais non, tu as tort. Il n'y a rien de ridicule dans la nature, quoi qu'en pense l'homme avec ses préjugés. Si les chiens pouvaient raisonner et critiquer,, ils trouveraient sûrement autant de ridicule, sinon davantage, dans las rapports sociaux de leurs maîtres, sinon davantage, je le répète, car je suis persuadé qu'il y a bien plus de sottises chez nous.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – pages 549 / 550

 Mots clefs: animal, chien, éthologie, nature, rapports sociaux

 

4144 - - Mais, voyons, vous ne joueriez pas au cheval fendu?

           - Vous devez vous dire ceci, fit soudain Aliocha: les grandes personnes vont au théâtre , par exemple, où l'on représente aussi les aventures de différents héros, parfois aussi des scènes de brigandage et de guerre.; or n'est-ce pas la même chose, dans son genre bien entendu? Et quand les jeunes gens jouent à le guerre ou au voleur, durant la récréation, c'est aussi de l'art naissant, un besoin artistique qui se développe dans les jeune âmes, et parfois ces jeux sont plus réussis que les représentations théâtrales; la seule différence, c'est qu'on va au théâtre voir les acteurs, tandis que la jeunesse elle-même joue le rôle d'acteurs. Mais c'est tout naturel.

    Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 561

 Mots clefs: acteur, art, jeu, jeunesse, théâtre

 

4145 -  - Comment, est-ce que vous ne croyez pas en Dieu?

            - Je n'ai rien contre Dieu. Certainement, Dieu n'est qu'une hypothèse... mais... je reconnais qu'il est nécessaire à l'ordre... à l'ordre du monde et ainsi de suite... et s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer, ajouta Kolia, en se mettant à rougir. […]

          J'avoue que toutes ces discussions me répugnent […]; on peut aimer l'humanité sans croire en Dieu, qu'en pensez-vous? Voltaire ne croyait pas en Dieu, mais il aimait l'humanité. [...]

           - Voltaire croyait en Dieu, mais faiblement, paraît-il, et il aimait l'humanité de la même façon […].

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 578

 Mots clefs: amour ( - de l'humanité), Dieu, foi, humanité, Voltaire

 

4146 - - […] j'ai lu récemment l'opinion d'un étranger, un Allemand établi en Russie, sur la jeunesse d'aujourd'hui: « Si vous montrez à un écolier russe, écrit-il, une carte du firmament dont il n'avait jusqu'alors aucune idée, il vous rendra le lendemain cette carte corrigée. » Des connaissances nulles et une présomption sans bornes, voilà ce que l'Allemand entendait reprocher à l'écolier russe.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 581

 Mots clefs: Allemand, écolier, russe

 

4147 - - Je ne mérite pas vos bienfaits, je suis insignifiant, larmoya Maximov. Prodiguez plutôt vos bontés à ceux qui sont plus nécessaires que moi.

            - Eh! Maximouchka, chacun est nécessaire, comment savoir qui l'est plus ou moins?

    Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 592

 Mots clefs: individu, insignifiance, nécessité

 

4148 - - A quoi bon vivre? Mieux vaut rêver. »

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 608

 Mots clefs: rêver, vivre

 

4149 - - Il y a des moments où l'homme aime le crime, proféra Aliocha d'un air pensif.

          - Oui, oui, vous avez exprimé mon idée; on l'aime, tous l'aiment, toujours, et non « par moments ». Savez-vous, il y a comme une convention générale de mensonge à cet égard, tous mentent depuis lors. Ils prétendent haïr le mal et tous l'aiment en eux-mêmes.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 610

 Mots clefs: crime, mal, mensonge

 

4150 - - Que Dieu te préserve, mon cher, de jamais demander pardon à la femme que tu aimes! Surtout à la femme que tu aimes, et quels que soient tes torts envers elle! Car la femme, frère, qui diable sait ce que c'est? […] Jamais un pardon franc, simple; elle commencera par t'humilier, t'avilir, elle te reprochera des torts imaginaires, et alors seulement te pardonnera. La meilleure d'entre elles ne te fera pas grâce des plus petites choses. Telle est la férocité de toutes les femmes sans exception, de ces anges sans lesquelles nous ne pourrions vivre.

    Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

  Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 623

 Mots clefs: ange, femme, férocité, pardon

 

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16/11/2017

4131 à 4140 - F.Dostoïevski

4131 – Toute la science du monde ne vaut pas les larmes des enfants. Je ne parle pas des souffrances des adultes, ils ont mangé le fruit défendu, que le diable les emporte! Mais les enfants!

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 262

 Mots clefs: enfant, larme, science

 

4132 - - J'ai dit une bêtise, mais...

           - Oui, mais... Sache, novice, que les bêtises sont nécessaires au monde; c'est sur elles qu'il est fondé: sans ces bêtises, il ne se passerait rien ici-bas.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 263

 Mots clefs: bêtise, monde

 

4133 - - […] il n'y a pas pour l'homme demeuré libre, de souci plus constant, plus cuisant que de chercher un être devant qui s'incliner.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 275

 Mots clefs: liberté, soumission

 

4134 - - […] le secret de l'existence humaine consiste, non pas seulement à vivre, mais encore à trouver un motif de vivre. Sans une idée nette du but de l'existence, l'homme préfère y renoncer et fût-il entouré de morceaux de pain, il se détruira plutôt que de demeurer sur terre.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 275

 Mots clefs: but (- de l'existence), existence, suicide, vide

 

4135 - - Comment peux-tu être plus que tous coupable devant tous? Il y a des assassins, des brigands; quels péchés as-tu commis pour t'accuser plus que tous?

          - Ma chère maman, ma joie adorée (il avait de ces mots caressants, inattendus), sache qu'en vérité chacun est coupable devant tous pour tous et pour tout. Je ne sais comment te l'expliquer, mais je sens que c'est ainsi, cela me tourmente. Comment pouvions-nous vivre sans savoir cela?

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 310

 Mots clefs: assassin, brigand, crime, culpabilité, humanité, péché

 

4136 – Je n'ai gradé que d'excellents souvenirs de la maison paternelle; ce sont pour l'homme les plus précieux de tous, pourvu que l'amour et la concorde règnent tant soit peu dans la famille. On peut même conserver un souvenir ému de la pire famille, si l'on a une âme capable d'émotion.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 312

 Mots clefs: amour, concorde, émotion, famille, maison ( - paternelle), souvenir

 

4137 - - Messieurs, m'écriai-je de tout cœur, regardez les œuvres de Dieu: le ciel est clair, l'air pur, l'herbe tendre, les oiseaux chantent dans la nature magnifique et innocente; seuls, nous autres, impies et stupides ne comprenons pas que la vie est un paradis, nous n'aurions qu'à vouloir le comprendre pour le voir apparaître dans toute sa beauté, et nous nous étreindrons en pleurant

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 322

 Mots clefs: beauté, humanité, impiété, nature, paradis, stupidité

 

4138 - - Partout de nos jours, l'esprit humain commence ridiculement à perdre de vue que la véritable garantie de l'individu consiste, non dans son effort isolé, mais dans la solidarité. Cet isolement terrible prendra certainement fin un jour, tous comprendront à la fois combien leur séparation mutuelle était contraire à la nature, tous s'étonneront d'être restés si longtemps dans les ténèbres, sans voir la lumière.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 326/327

 Mots clefs: individu, individualisme, isolement, nature, séparation, solidarité

 

4139 – Allez, dis-je, faites votre aveu. Tout passe, la vérité seule demeure.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 331

 Mots clefs: temps (fuite du - ), vérité

 

4140 - - On assure que le monde en abrégeant les distances, en transmettant la pensée dans les airs, s'unira toujours davantage, que la fraternité règnera. Hélas! Ne croyez pas à cette union des hommes. Concevant la liberté comme l'accroissement des besoins et leur prompte satisfaction, ils altèrent leur nature, car ils font naître en eux une foule de désirs insensés, d'habitude et d'imaginations absurdes.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 337

 Mots clefs: communication, fraternité, liberté, progrès (- technique), union

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11/11/2017

4121 à 4130 - F.Dostoievski

4121 – Qu'un homme s'éprenne du corps d'une femme, même seulement d'une partie de ce corps (un voluptueux me comprendrait tout de suite), il livrera pour elle ses propres enfants, il vendra son père, sa mère et sa patrie; honnête, il ira voler; doux, il assassinera; fidèle, il trahira.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

  Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 85

 Mots clefs: amour, corps, femme, volupté

 

4122 - - Aliocha, y a-t-il une immortalité?

- Oui.

- Dieu et l'immortalité ensemble?

- Oui. C'est sur Dieu que repose l'immortalité.

- Hum. Ce doit être Ivan qui a raison. Seigneur, quand on pense combien de foi et d'énergie cette chimère a coûté à l'homme, en pure perte, depuis des milliers d'années! Qui donc se moque ainsi de l'humanité, Ivan, pour la dernière fois et catégoriquement: y a-t-il un Dieu, oui ou non?

- Non, pour la dernière fois.

- Qui donc se moque du monde, Ivan?

- Le diable, sans doute, ricana Ivan.

- Le diable existe-t-il?

- Non.

- Tant pis. Je ne sais pas ce que je ferais au premier fanatique qui a inventé Dieu. Le pendre ne suffirait pas.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 146

 Mots clefs: diable, dieu, foi, immortalité, religion.

 

4123 - - Mais il croit en Dieu.

- Pas pour un kopeck. Ne le savais-tu pas? Il l'avoue à tout le monde, ou plutôt à tous les gens d'esprit qui viennent le voir. Il a déclaré sans détour au gouverneur Schultz: « Credo, mais j'ignore à quoi. »

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – pages 146/147

 Mots clefs: athéisme, credo, dieu, foi

 

4124 - - Ah! Mes enfants, reprit-il, mes petits cochons... pour moi... je n'ai jamais trouvé une femme laide, voilà ma maxime! […] D'après moi, toute femme offre quelque chose de fort intéressant, particulier à elle seule; seulement il faut savoir le découvrir, voilà le hic! C'est un talent spécial! Pour moi, il n'y a pas de laideron. Le sexe à lui seul fait déjà beaucoup... Mais cela vous dépasse! Même chez les vieilles fille, on trouve parfois des charmes tels, qu'on se demande comment des imbéciles ont pu les laisser vieillir sans les remarquer.

    Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

  Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 148

Mots clefs: beauté, érotisme, donjuanisme, femme, fille (vieille - ) sexe

 

4125 - - Car sachez, mes Pères, que chacun de nous est assurément coupable ici-bas de tout envers tous, non seulement par la faute collective de l'humanité, mais chacun individuellement, pour tous les autres sur la terre entière.

    Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 178

 Mots clefs: culpabilité, humanité, responsabilité

 

4126 - - Ne me méprisez pas, monsieur. En Russie, les pères ivrognes sont les meilleurs des gens, et réciproquement.

    Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 223

 Mots clefs: ivrogne, mépris, père, Russie

 

4127 - - Les vers, il n'y a rien de plus sot. Jugez vous-même; est-ce qu'on parle en rimes? Si nous parlions tous en rimes, même sur l'ordre des autorités, serait-ce pour longtemps? Les vers, ce n'est pas sérieux, Marie Kondratievna.

    Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

  Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 243

 Mots clefs: poésie, rime, vers

 

4128 - - Et si l'ennemi vient, qui nous défendra?

- A quoi bon? En 1812, la Russie a vu la grande invasion de l'empereur des Français, Napoléon Ier, le père de celui d'aujourd'hui, c'est grand dommage que ces Français ne nous aient pas conquis; une nation intelligente eût subjugué un peuple stupide. Tout aurait marché autrement.

- Avec ça, qu'ils valent mieux que nous? Je ne donnerai pas un de nos élégants pour trois jeunes Anglais.

    Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

  Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – pages 243/244

 Mots clefs: Anglais, ennemi, Français, invasion, Napoléon, Russie

 

4129 - - […] J'aime les tendres pousses au printemps et le ciel bleu. L'intelligence et la logique n'y sont pour rien, c'est le cœur qui aime,c'est le ventre, on aime ses premières forces juvéniles... Comprends -tu quelque chose à mon galimatias, Aliocha? conclut-il dans un éclat de rire.

- Je comprends trop, Ivan, on voudrait aimer par le cœur et par le ventre, tu l'as fort bien dit. Je suis ravi de ton ardeur à vivre. Je pense qu'on doit aimer la vie par-dessus tout.

- Aimer la vie, plutôt que le sens de la vie?

- Certainement. L'aimer avant de raisonner,, sans logique, comme tu dis; alors seulement on en comprendra le sens. Voilà ce que j'entrevois depuis longtemps.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – pages 249/250

 Mots clefs: amour ( - de la vie), cœur, intelligence, sens ( - de la vie), ventre

 

4130 – Il faut qu'un homme soit caché pour qu'on puisse l'aimer; dès qu'il montre son visage, l'amour disparaît.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 256

 Mots clefs: amour, visage

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08/11/2017

4111 à 4120 - F.S.Fitzgerald - Dostoïevski - H.Murakami

4111 - « Apprenons à témoigner notre amitié aux gens quand ils sont encore vivants, et non après leur mort, proposa-t-il. Pour le reste, ma règle de conduite est de ne jamais me mêler de rien. »

     F. Scott FITZGERALD (Gatsby le magnifique)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 2012 – page 1314

 Mots clefs: amitié, mort, témoignage, vivant

 

4112 - -     Tu te rappelles le film de Walt Dysney, tu as dû le voir aussi à l'école primaire: « Le Désert Vivant »?

            -     Oui, répondis-je.

            -    Eh bien, c'est pareil. Notre monde est comme ça. Quand il pleut, les fleurs poussent, et, quand il ne pleut pas, elles fanent. Les lézards mangent les insectes, et sont mangés par les rapaces. Mais tous finissent par mourir et se dessécher. Une génération disparaît, une autre prend sa place. C'est une règle absolue. Il y a différentes façons de vivre, et différentes façons de mourir. Mais c'est sans importance. La seule chose qui reste en fin de compte, c'est le désert.

    Haruki MURAKAMI (Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil)

   Éditions Belfond – Collection 10/18 – Domaine étranger – 2007 – page 85

 Mots clefs: désert, Disney, génération, jungle(la loi de la -), succession (- des générations), mort, vie

 

4113 - - Oui, tout finit par mourir, me dis-je. Certaines choses disparaissent comme tranchées d'un coup sec, d'autres se brouillent peu à peu et s'en vont avec le temps. Et il ne reste que le désert.

     Haruki MURAKAMI (Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil)

   Éditions Belfond – Collection 10/18 – Domaine étranger – 2007 – page 85

 Mots clefs: désert, disparition, mort, temps

 

4114 – C'est simple: tout ce qui a une forme finit par disparaître, mais certaines pensées laissent des traces éternelles.

    Haruki MURAKAMI (Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil)

   Éditions Belfond – Collection 10/18 – Domaine étranger – 2007 – page 112

 Mots clefs: disparition, forme, pensées, trace

 

4115 – Je caressai doucement ses épaules, ses cheveux, ses seins. C'était doux, c'était chaud, c'était sûr. Je pouvais sentir son existence sous ma paume. Mais personne ne pouvait dire combien de temps cela durerait. Tout ce qui a une forme peut disparaître à tout moment.

     Haruki MURAKAMI (Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil)

   Éditions Belfond – Collection 10/18 – Domaine étranger – 2007 – page 146

 Mots clefs: caresse, disparaître, forme, paume, peau

 

4116 – Prenez un fait quelconque de la vie réelle, même sans rien de remarquable à première vue, et, si seulement vous avez de la force et de l'œil, vous y trouverez une profondeur que Shakespeare n'a pas.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov - Introduction)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page XV

 Mots clefs: fait (-divers), force, œil, profondeur, Shakespeare

 

4117 – Bien souvent les gens mêmes méchants, sont plus naïfs, plus simples que nous ne le pensons. Nous aussi d'ailleurs.

      Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page 8

 Mots clefs: méchanceté, naïveté, simplicité

 

4118 - - Vous avez raison, ça fait plaisir de s'offenser. Je n'avais jamais si bien entendu exprimer cela. Oui, oui, j'ai pris plaisir toute ma vie aux offenses, pour l'esthétique, car être offensé, non seulement ça fait plaisir, mais parfois c'est beau! Voilà ce que vous avez oublié, éminents starets: la beauté!

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov )

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – pages 44/45

 Mots clefs: beauté, esthétique, offense

 

4119 - - L'amour rachète tout, sauve tout. Si moi, un pêcheur comme toi, je me suis attendri, à plus forte raison le Seigneur aura pitié de toi. L'amour est un trésor si inestimable qu'en échange tu peux acquérir le monde entier et racheter non seulement tes péchés mais ceux des autres. Va et ne crains rien.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – page XV

 Mots clefs: amour, attendrissement, péché, pitié, rachat, trésor

 

4120 - - Dès que je sens quelqu'un près de moi, sa personnalité opprime mon amour-propre et gêne ma liberté. En vingt-quatre heures je puis même prendre en grippe les meilleurs: l'un parce qu'il reste trop longtemps à table, un autre parce qu'il est enrhumé et ne fait qu'éternuer. Je deviens l'ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux. En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d'amour pour l'humanité en général.

     Fiodor DOSTOIEVSKI (Les frères Karamazov)

   Éditions Gallimard – Collection La Pléiade – 1952 – pages 59/60

 Mots clefs: amour (- de l'humanité), ennemi (- des hommes), misanthropie

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